Des scientifiques de l'Université d'Anvers (UAntwerpen) et de l’Université de Louvain (KU Leuven) ont développé un nouveau type de médicament qui protège mieux les organes avant et pendant des transplantations. Les chercheurs ont pu démontrer que le blocage de la ferroptose - une forme spécifique de mort cellulaire - réduit considérablement les lésions organiques pendant le processus de transplantation, et ils ont découvert un "inhibiteur" pour y parvenir. Les résultats de ces recherches, menées pendant dix ans, ont été publiés ce vendredi dans la revue scientifique Cell.
Des chercheurs flamands développent un traitement qui protège mieux les organes transplantés
Lors d'une transplantation, des organes comme les poumons et le foie restent toujours hors du corps pendant un certain temps. La plupart du temps il ne peut pas s’écouler plus de 24 heures entre le donneur et le receveur, et plus ce temps est court, mieux c'est pour le succès de la greffe. Les organes à transplanter sont conservés sur glace ou suspendus à des machines spéciales qui reproduisent les conditions corporelles, afin d'éviter tout dommage.
Selon les chercheurs, les greffes entraînent cependant souvent des lésions, notamment lorsque l'irrigation sanguine d'un organe transplanté est temporairement interrompue puis rétablie. Cela provoque un stress oxydatif, des inflammations et la mort cellulaire, qui entraîne une diminution du fonctionnement des organes, voire leur défaillance.
"Rouille biologique"
L'une des principales causes de la baisse de qualité est la ferroptose. "Il s'agit d'une forme spécifique de mort cellulaire, où les cellules ne reçoivent pas d'oxygène pendant le stockage, puis un excès d'oxygène lors de la transplantation", explique le professeur Arne Neyrinck, anesthésiste à l’hôpital universitaire UZ Leuven. Les scientifiques parlent parfois de "rouille biologique", car l'oxygène corrode le fer de la paroi cellulaire.
L'équipe de recherche a développé la molécule FXT-001 dont le rôle est de "protéger les organes contre les lésions de reperfusion, l'une des principales causes d'échec précoce de la transplantation", explique le professeur Tom Vanden Berghe, directeur du Cell Death Signaling Lab à l'Université d'Anvers. Ce développement a duré 10 ans, "mais maintenant FXT-001 est stable, sûr et adapté à une utilisation clinique".
Un traitement utile au-delà des transplantations
Des tests sur des foies de porc ont montré que cette molécule protégeait mieux les organes. Elle s'est aussi avérée efficace dans le cas de poumons provenant de donneurs humains qui avaient auparavant été écartés pour une transplantation, en améliorant l'état de l'organe.
Selon les chercheurs, l'intérêt de ce nouveau traitement va bien au-delà des transplantations. En effet, les lésions d'ischémie-reperfusion constituent un mécanisme fondamental de lésion tissulaire qui survient chaque fois que la circulation sanguine est interrompue puis rétablie, affirment-ils. C'est également le cas, par exemple, lors d'infarctus, de traumatismes graves ou d'accidents vasculaires cérébraux.
