Le patrimoine médian des ménages belges a légèrement progressé en 2025, selon le troisième rapport publié jeudi par Keytrade Bank en collaboration avec l'université de Gand. Basée sur un échantillon de 1.000 personnes, l'étude met toutefois en évidence un net ralentissement par rapport à l'année précédente.
Un ménage belge moyen possède 286.250 euros: notre patrimoine a légèrement progressé en 2025
Le patrimoine médian atteint désormais 286.250 euros, soit une hausse de 3,3% sur un an. En tenant compte de l'inflation, estimée à 2,4%, la prospérité réelle s'établit à 0,9%. Un rythme bien plus modéré qu'en 2024, où la croissance avait atteint 11%.
L'immobilier reste le pilier central du patrimoine des ménages. Les actifs réels en représentent 73%, contre 23% pour les actifs financiers, qui ont néanmoins connu une progression plus marquée en 2025. Dans le détail, la part de la résidence principale augmente, passant de 45% à 51% du patrimoine total, avec une hausse de valeur de 8,3%.
Les liquidités (espèces, comptes courants et d'épargne) progressent légèrement, de 9% à 11%, tout comme les investissements en fonds, actions et obligations, représentant une part de 8%.
Les revenus du travail demeurent la principale source de constitution du patrimoine, devant les héritages, les donations et les revenus issus d'activités indépendantes.
Retour en force des comptes d’épargne
L'étude souligne également que les ménages continuent de privilégier des placements sûrs. Après avoir massivement réinvesti en 2024 les montants issus des bons d'État dans des comptes à terme, ils se sont davantage tournés vers les comptes d'épargne en 2025, dans un contexte de taux d'intérêt moins attractifs.
En 2025, 42% des ménages disposaient d'une réserve équivalente à douze mois de revenus sur un compte d'épargne, contre 33% un an plus tôt. Une évolution qui témoigne d'une volonté accrue de sécurité financière, dans un contexte d'incertitude économique et géopolitique ainsi que de fluctuations de l'inflation. Les ménages disposant d'un patrimoine plus élevé affichent toutefois une plus grande propension à prendre des risques.
Des différences entre les générations
L'étude met aussi en lumière des différences marquées entre les générations. Les milléniaux (nés entre 1981 et 1996) et la génération Z (1997-2012) épargnent une part plus importante de leurs revenus que leurs aînés, notamment en vue de l'acquisition d'un logement. Chez les plus jeunes, les donations jouent un rôle croissant: elles représentent en moyenne 20,5% du patrimoine total pour la génération Z. Lorsqu'elles servent à l'achat d'un bien, les donations financent environ 30% de la valeur du logement.
Enfin, une tendance se dessine dans les transmissions patrimoniales: de plus en plus de parents choisissent de sauter une génération en transmettant directement une partie de leur patrimoine à leurs petits-enfants, afin de soutenir ces derniers au moment où les besoins financiers sont les plus importants. Cette évolution devrait se poursuivre dans les années à venir.
