Les travailleurs de la raffinerie de TotalEnergies, dans le port d'Anvers, veulent commencer la procédure pour mettre les installations à l’arrêt à partir de demain/vendredi afin de pouvoir faire grève dans deux semaines. Les négociations sur les nouvelles conditions salariales et de travail ont échoué. "Le personnel doit pouvoir bénéficier des profits réalisés par l’entreprise", déclarent les syndicats.
Les travailleurs de TotalEnergies à Anvers vont mettre la raffinerie à l’arrêt afin de pouvoir faire grève
Un préavis de grève avait été déposé début avril par les syndicats, dans le cadre d'un désaccord portant notamment sur les pensions, mais une grève de quatre jours avait pu être évitée avec une proposition de convention collective de travail.
L'heure ne semble toutefois plus à l'optimisme. "Nous nous sommes mis à nouveau mercredi autour de la table mais rien n'a fondamentalement changé", constate Levi Sollie, du syndicat socialiste ABVV. "Il n'y a aucun soutien pour un accord."
Etant donné que la raffinerie ne peut pas être mise à l'arrêt du jour au lendemain, les syndicats expliquent avoir besoin d'une période de 10 jours: le site anversois pourrait ainsi être mis à l'arrêt à partir du 18 mai. "Nous commencerons demain/vendredi la procédure d'arrêt", poursuit Levi Sollie.
"Le personnel doit pouvoir bénéficier des profits réalisés par l’entreprise"
Les syndicats demandent une prime pour les travailleurs de la raffinerie alors que le groupe TotalEnergies a pleinement bénéficié de la hausse des cours pétroliers ces derniers mois, à la suite du conflit au Moyen-Orient. Le groupe français a annoncé fin avril avoir dégagé un bénéfice net trimestriel de 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d'euros), en hausse de 51% sur un an.
"Mais la direction dit que c'est impossible. On nous dit que ces bénéfices n'ont pas été engrangés à Anvers, qu'un bonus doit être décidé au niveau du groupe et que la direction n'a pas ce mandat", déplore-t-on encore dans les rangs du syndicat socialiste.
Du côté de la direction, on déplore l'évolution de ce dossier et on souligne avoir fait des concessions. "D'importants changements ont été apportés à la précédente proposition", déclare Tom Claerbout, porte-parole de TotalEnergies en Belgique. Ces concessions sont toutefois jugées insuffisantes par les syndicats. La raffinerie anversoise de TotalEnergies emploie plus de 1.500 personnes.
