ING Belgique a payé une transaction pénale de 1,6 million d'euros dans un dossier ouvert à charge de la banque en marge de l'affaire entourant l'ancien président du MR, ex-ministre et ex-commissaire européen Didier Reynders.
ING a payé une transaction pénale de 1,6 million d’euros dans un dossier pour blanchiment d’argent autour de Didier Reynders
L'affaire Reynders, qui a éclaté en décembre 2024, porte sur des soupçons de blanchiment d'environ un million d'euros. L'ancien commissaire européen est notamment suspecté d'avoir effectué d'importants dépôts en liquide sur un compte ING et multiplié les achats de billets de loterie suspicieux. Ces billets auraient été payés, au moins en partie, en espèces, tandis que les gains étaient versés sur son compte numérique auprès de la Loterie nationale avant d'être transférés vers son compte courant.
La Loterie nationale et la Cellule de traitement des informations financières (CTIF) ont chacune, de manière indépendante, déposé plainte auprès du parquet concernant Didier Reynders.
Selon la plainte de la Loterie nationale, il aurait blanchi environ 200.000 euros sur une période d'environ cinq ans via ses produits. La CTIF remonte plus loin dans le temps, sur une dizaine d'années, et estime avoir identifié environ 800.000 euros de fonds suspects sur ses comptes.
La Banque nationale de Belgique (BNB) avait également dénoncé, en avril 2025, des faits susceptibles de constituer une infraction dans le chef d'ING.
ING n’avait pas dénoncé les dépôts en liquide et les transferts créditeurs de Didier Reynders
Le parquet a donc ouvert une information judiciaire à l'encontre de la banque. Le ministère public désirait savoir pourquoi celle-ci n'avait pas dénoncé avant le 21 décembre 2023 à la cellule de traitement des informations financières les 245 dépôts en liquide et les 779 transferts créditeurs e-Lotto de Didier Reynders pour la somme globale de 1.038.991,35 EUR.
Le procureur du Roi, estimant que l'enquête confirmait les faits avancés par la BNB, avait à ING proposé une transaction pénale d'un montant correspondant au maximum prévu par le code pénal actuel pour blanchiment d'argent, soit 1,6 million d'euros. La banque l'a acceptée et payée et les poursuites à son encontre sont donc désormais éteintes.
Dans une réaction mardi, la banque ING a indiqué vouloir "aller de l'avant en nous concentrant pleinement sur les intérêts de nos clients et de la banque". Le parquet rappelle que les faits investigués permettent une transaction pénale puisqu'ils sont de nature financière.
"Les banques doivent respecter leurs obligations anti-blanchiment"
"Le blanchiment d'argent ne peut être combattu sérieusement et efficacement qu'à la condition que les institutions bancaires respectent sans privilège et quel que soit le statut du client leurs obligations anti-blanchiment telles qu'elles sont définies par la loi", a déclaré le procureur du Roi.
Deux personnes physiques qui ne travaillent plus chez ING actuellement ont par ailleurs été identifiées et entendues. Une décision doit encore être prise à leur sujet, précise le parquet.
Selon plusieurs médias, Didier Reynders aurait déclaré lors de son audition que l'argent provenait du commerce d'antiquités. En juin 2025, la police judiciaire fédérale a effectué des perquisitions au domicile et dans une galerie d'art de l'antiquaire bruxellois Olivier Theunissen, ainsi qu'auprès de Jean-Claude Fontinoy, proche de longue date de l'ancien ministre des Finances.
Selon le site nationale4.be, M. Fontinoy aurait acheté pendant des années des objets d'art et antiquités auprès de marchands de la place du Sablon à Bruxelles, principalement dans la boutique d'Olivier Theunissen. Jean-Claude Fontinoy a été inculpé pour association de malfaiteurs et faux en écriture, tandis qu'Olivier Theunissen a été inculpé pour association de malfaiteurs.
