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Une touriste belge témoigne depuis le bateau de croisière au cœur d'un possible foyer d'hantavirus

"Les gens s’inquiètent les uns pour les autres, mais il n’y a pas de panique." C’est ainsi que la Flamande Hélène Goessaert (61 ans) résume la situation à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius, actuellement immobilisé au large du Cap-Vert (Praia) dans l'océan Atlantique, suite à une épidémie suspectée d'hantavirus ayant fait au moins trois morts.  "Ça a été un choc", a confié Hélène à VRT NWS.

Eric Steffens
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Le monde entier ne parle de l’hantavirus que depuis dimanche, après son apparition à bord du navire de croisière d’expédition néerlandais MV Hondius. Mais les passagers sont, eux, confrontés à une série de décès depuis plusieurs semaines.

Le 11 avril, un Néerlandais de 70 ans est décédé, suivi deux semaines plus tard par son épouse de 69 ans. Un passager allemand a également perdu la vie depuis. L’ensemble du navire a vécu cette situation dès le début, raconte Hélène Goessaert (61 ans), originaire de Vilvorde, qui se trouve toujours à bord.

"Nous avons rapidement su que l’homme qui est décédé en premier ne se sentait pas bien. Quand son épouse a commencé à tomber malade, nous en avons également été informés."

Le fait que l’information circule aussi vite n’a rien d’étonnant, selon elle, car il s’agit d’un petit navire. "Il n’y a que 110 passagers à bord. Ce n’est pas une croisière classique, mais un navire de croisière d'expédition polaire", souligne-t-elle. "Et je voyage seule, donc on parle beaucoup les uns avec les autres."

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué mardi soupçonner qu'il y ait eu une "transmission interhumaine" entre les personnes contaminées à l'hantavirus sur le bateau de croisière néerlandais."Compte tenu de la durée de la période d'incubation du hantavirus, qui peut varier entre une et six semaines, nous supposons qu'ils ont été infectés en dehors du navire", et "nous pensons qu'il pourrait y avoir une transmission interhumaine parmi les personnes en contact très étroit", a déclaré aux journalistes Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS. (AFP)

Un véritable choc

Le décès de ces passagers a été un véritable choc. "On ne part pas en voyage en pensant que l’un des autres passagers ne reviendra pas. Et comme deux d’entre eux étaient néerlandais, on avait automatiquement davantage de contacts."

Calme et résilience

Tous les regards sont désormais tournés vers ce navire. Certains passagers disent avoir du mal à vivre la situation, d’autant qu’ils sont pour l’instant bloqués à bord. Pour Hélène, le ressenti est différent.

"Je ne peux évidemment pas parler pour tout le monde, mais nous avons souvent connu une mer agitée ici. Les gens à bord sont donc habitués à faire face à des situations difficiles."

"Et ce n’est pas une croisière de luxe. La plupart des passagers sont habitués à gérer une certaine part d’incertitude."

Quarantaine

Reste la question du retour à terre. En attendant, l’espoir est qu’aucune nouvelle contamination ne survienne. "Nous sommes tous dans le même bateau, littéralement. Nous connaissons les risques, donc chacun respecte l’espace des autres."

Pour Hélène, un point positif est la gestion de la situation par l’organisation. "Nous recevons des informations régulières et fiables. Pour le reste, il faut attendre. Aujourd’hui, nous avons reçu des fruits et des légumes frais. C’était très important pour nous", conclut-elle.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) dénombre à présent sept cas présumés d'hantavirus identifiés à bord d'un bateau de croisière. Le navire, le MV Hondius, reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert quand des passagers ont été victimes d'un syndrome respiratoire aigu, fatal pour trois d'entre eux.

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