La dépollution des PFAS et les coûts de santé associés pourraient coûter à la Belgique entre 2 et 6 milliards d’euros par an. C’est ce qu’écrit De Standaard, sur la base d’un rapport consultatif commandé par le précédent gouvernement afin d’évaluer l’ampleur des coûts et d’identifier les acteurs susceptibles d’y contribuer.
PFAS : le coût de la dépollution des sols pourrait atteindre 6,2 milliards d’euros par an
Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont appelés "polluants éternels" en raison de leur quasi-indestructibilité et de leur persistance extrême dans l'environnement.
Le rapport a été réalisé par le bureau de conseil externe RDC Environment. Il en ressort que, dans le pire des scénarios, les coûts liés à la dépollution et à la santé pourraient atteindre jusqu’à 6,2 milliards d’euros par an, soit 1,1 % du produit intérieur brut.
Il s’agit toutefois d’un scénario maximal. L’estimation précise des coûts reste difficile, notamment parce que la pollution se poursuit, que les coûts de la dépollution peuvent évoluer et que le niveau de réduction des risques sanitaires fait encore débat. Selon une estimation basse, les coûts pourraient s’élever à 1,9 milliard d’euros par an, tandis qu’un scénario intermédiaire les situe autour de 3,8 milliards d’euros.
Une grande partie de ces dépenses serait consacrée à l’assainissement des sols. Le rapport souligne toutefois que le poids le plus important concerne les "années de vie perdues", ce qui implique la mise en place d’indemnisations pour les décès liés aux PFAS.
Concertation entre ministres régionaux
L’étude est désormais examinée par l’organe de concertation des ministres de l’Environnement du pays, présidé par le ministre fédéral Jean-Luc Crucke (Les Engagés). Celui-ci attend également, d’ici l’été, une étude d’impact sur les PFAS qu’il a lui-même commandée.
"Les discussions avec les ministres fédéraux et ceux des Régions sont actuellement en cours", indique Jo Brouns (CD&V), ministre flamand de l’Environnement. "Nous constatons que plusieurs partenaires formulent des réserves à l’égard de l’étude, réserves qui sont également partagées par d’autres collègues."
Le ministre flamand souhaite "laisser toutes ses chances à la concertation" afin de traiter ce dossier en profondeur et de manière concertée. Il rappelle toutefois que le principe du pollueur-payeur doit s’appliquer et que le responsable de la pollution doit assumer les coûts de la dépollution.
N’autoriser la production de PFAS que pour les produits pour lesquels elle est réellement nécessaire.
Mieke Schauvliege (Groen)
La députée Mieke Schauvliege (Groen) plaide d’ores et déjà pour l’arrêt de la production de PFAS. "Cela montre que les coûts sont gigantesques et que nous devons cesser de produire et de disséminer des PFAS dans notre environnement", a-t-elle déclaré à VRT NWS.
"Les PFAS sont largement répandus dans notre pays. Leur présence dans l’environnement ne s’explique pas uniquement par 3M, mais aussi par les entreprises de traitement des déchets en Belgique."
Selon Mieke Schauvliege, mettre fin à la production est donc la seule solution. "On en trouve quasiment partout, c’est pourquoi une interdiction des PFAS s’impose. Il faut n’autoriser leur production que lorsqu’ils sont réellement indispensables, par exemple pour des applications médicales et de santé."
