Aller au contenu principal

Le gouvernement fédéral entame des négociations avec Engie pour reprendre les centrales nucléaires belges

Le gouvernement fédéral et Engie ont annoncé jeudi, dans un communiqué commun, la signature d'une lettre d'intention fixant le "cadre de négociations exclusives concernant l'acquisition potentielle par l'État belge de l'intégralité des activités nucléaires d'Engie". La transaction porte sur l'ensemble du parc nucléaire, composé de sept réacteurs , quatre à Doel et trois à Tihange.

Eric Steffens Belga
Publié:
Actualisé:update:

Les parties négocieront en vue de conclure, d'ici au 1er octobre 2026, un protocole d'accord précisant les principales modalités et conditions de la transaction. La transaction envisagée porte sur l'ensemble des activités nucléaires actuellement détenues et exploitées par Engie en Belgique, incluant l'ensemble du parc nucléaire, composé de sept réacteurs à Doel et à Tihange, le personnel concerné, toutes les filiales nucléaires, ainsi que tous les actifs et passifs associés, y compris les obligations de démantèlement et de déclassement.

En attendant, toutes les activités de démantèlement des centrales sont immédiatement suspendues.

Cette initiative "reflète la décision stratégique du gouvernement belge d'assumer la propriété directe des actifs nucléaires du pays", avec pour ambition de prolonger l'exploitation des réacteurs existants et de développer de nouvelles capacités, détaille le communiqué.

"Garantir une énergie abordable, pilotable et décarbonée"

"Moins d'un an après l'entrée en vigueur de la loi ouvrant la voie au retour du nucléaire dans notre pays, la dynamique se concrétise à travers notre volonté de reprendre la main sur nos actifs et nos capacités", a souligné sur les réseaux sociaux le ministre fédéral de l'Énergie, Mathieu Bihet (MR).

"Cette démarche s'inscrit dans une vision politique cohérente: garantir une énergie abordable, pilotable et décarbonée, tout en renforçant l'autonomie stratégique et la souveraineté de la Belgique".

Sous la précédente législature, après de longues et difficiles négociations, le gouvernement De Croo avait conclu un accord pour prolonger de dix ans, jusqu'en 2035, les réacteurs de Doel 4 et Tihange 3. Le gouvernement Arizona a pour sa part toujours indiqué vouloir maintenir ces deux réacteurs en activité plus longtemps, tout en envisageant la relance d'autres unités. Le groupe énergétique français s'y est toujours opposé, considérant le nucléaire comme un chapitre clos.

Aucun démantèlement nucléaire définitif n'a encore été entamé à Doel et à Tihange

Seuls deux des sept réacteurs sont encore capables de produire de l'électricité, bien qu'aucun démantèlement nucléaire définitif n'ait encore été entamé. Une éventuelle remise en service d'autres réacteurs prendra de toute façon plusieurs années.

À l'heure actuelle, seuls Doel 4 et Tihange 3 sont encore en mesure de produire de l'électricité. Ils sont toutefois actuellement à l'arrêt pour maintenance, en vue de leur prolongation jusqu'en 2035. Le gouvernement souhaite en outre prolonger leur exploitation.

Le gouvernement se tourne par ailleurs en priorité vers Tihange 1 en vue d'une remise en service. Ce réacteur est à l'arrêt depuis octobre 2025, après une durée de fonctionnement de 50 ans. Doel 1 et Doel 2 ont également été définitivement arrêtés en 2025. Pour ces trois réacteurs, le combustible nucléaire a déjà été retiré dans le cadre des opérations de mise à l'arrêt.

Les réacteurs Doel 3 et Tihange 2 ont, eux, été arrêtés en 2022 et 2023. Des milliers d'anomalies dans les parois des cuves des réacteurs y avaient été découverts en 2012. Dans les deux cas, le véritable démantèlement nucléaire n'a pas encore commencé. Engie a toutefois déjà introduit une demande de démantèlement pour ces deux installations.

De nombreux travaux ont déjà été réalisés à Doel 3 et Tihange 2. Le combustible a notamment été retiré du cœur du réacteur, les turbines à vapeur ont été démontées et des conduites ont été rincées. Il ne s'agit toutefois pas encore d'un démantèlement nucléaire à proprement parler, c'est-à-dire des travaux dans la partie nucléaire de l'installation.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5