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Mort du petit Raoul à Gand : la mère et le beau-père reconnus coupables de torture ayant entraîné la mort sans intention de la donner

La mère et le beau-père du petit Raul, âgé de 9 ans, et ont été reconnus coupables mercredi après-midi de torture ayant entraîné la mort sans intention de la donner par le jury de la cour d'assises de Gand, avec la circonstance aggravante que ces actes ont été commis sur un mineur par sa mère ou une autre personne ayant autorité sur lui. Le ministère public a requis une peine de 30 ans d’emprisonnement et 15 ans de mise à disposition. Il s’agit de la peine maximale qui pouvait être requise pour les faits reprochés.

Eric Steffens
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Après à peine une heure et demie de délibération, le jury populaire avait déjà rendu son verdict : la mère et le beau-père sont tous les deux reconnus coupables de la torture de Raul, laquelle a entraîné sa mort.

Dans son arrêt, la présidente revient sur ce que l’enfant a dû endurer durant les dernières semaines et les derniers jours de sa vie. Et la liste est longue.

"Ils l’ont frappé à plusieurs reprises avec une ceinture pliée en deux, boucle comprise. Ils l’ont obligé à dormir nu sur le sol ou sur une grille métallique. Ils l’ont fait rester toute une journée à genoux sur des grains de riz. Il devait prendre des douches répétées à l’eau chaude. Ils l’ont frappé contre les carreaux de la douche. En hiver, il devait se doucher à l’eau glacée. Il a été jeté par la fenêtre. Il a été forcé de manger de grandes quantités de nourriture jusqu’à en vomir, de boire sa propre urine. Et certains jours, on lui refusait eau et nourriture. Il a été frappé à la tête et on lui a enfoncé un bâillon dans la bouche pour l’empêcher de crier."

Ce petit garçon de 9 ans, frêle, était totalement dépendant de sa mère et de son beau-père.

"Ce petit garçon de 9 ans, frêle, était totalement dépendant de sa mère et de son beau-père. Il ne parlait pas la langue, n’avait aucune famille ni personne de confiance ici, et sa mère l’avait isolé du monde extérieur." "Son agonie a dû être atroce", souligne la présidente.

"Ils le considéraient comme un élément perturbateur sur lequel ils pouvaient déverser leur frustration." Il existait une véritable "haine et un profond mépris à l’égard de Raul". "Il était jugé indigne de dormir dans un lit, et il était rarement appelé par son prénom. Ce mépris particulier est confirmé de manière tragique par le fait que son corps a été plié dans un sac et jeté dans l’eau. Ils ont effacé toute trace de son existence en jetant ses affaires et en continuant à vivre comme si de rien n’était."

Aucune circonstance atténuante

Après le verdict sur la culpabilité, le procès est immédiatement passé aux plaidoiries sur la peine.La procureure générale n’a retenu aucune circonstance atténuante. Bien au contraire.

"Pour Nicosur, le simple fait que Raul ait laissé tomber une fourchette suffisait pour le torturer. Pour Maria, il suffisait qu’il soit Raul. Elle le haïssait. Voir Raul en train de pleurer, de hurler, puis de gémir faiblement constitue à mes yeux une circonstance aggravante."

Le ministère public a requis une peine de 30 ans de prison et de 15 ans de mise à disposition du tribunal de l'application des peines (TAP) à l'encontre de la mère et du beau-père, reconnus coupables de torture ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il s'agit de la peine maximale.

Le corps de Raul, alors âgé de 9 ans, avait été repêché dans le Houtdok à Gand le 13 avril 2023. La dépouille de l'enfant avait été jetée à l'eau dans un sac de sport lesté de pierres à la fin du mois de janvier de cette année-là. Les recherches n'avaient cependant débuté qu'après que des membres de la famille vivant à l'étranger aient donné l'alerte.

La mère de la victime avait été placée sous mandat d'arrêt pour meurtre, coups et blessures, ainsi que recel de cadavre. Dans ses premières déclarations, elle avait nié toute implication dans la mort de son fils, rejetant la responsabilité sur son ex-compagnon. Toutefois, sa fille a par la suite affirmé que sa mère et son ex-petit ami étaient présents lorsque le corps avait été jeté à l'eau.

L'ex-conjoint de la mère avait été arrêté aux Pays-Bas en avril 2023. Il avait d'abord nié toute implication. Lors d'une confrontation, les deux accusés ont déclaré que la sœur mineure de Raul aurait également porté des coups à l'enfant. L'enquête a alors été étendue à la jeune fille, placée temporairement dans une institution spécialisée par le juge de la jeunesse. La sœur s'est ensuite constituée partie civile contre sa mère et son beau-père.

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