Le tribunal de première instance de Bruxelles a condamné, la semaine dernière, la Communauté flamande à indemniser la famille d’un jeune homme qui a dû attendre plusieurs années avant d’être admis dans un "multifunctioneel centrum". L’institution a été reconnue coupable de négligence dans l’aide à la jeunesse, pour avoir "agi de manière fautive en perpétuant la crise systémique" qui touche ce secteur, selon l’arrêt cité par De Standaard.
La Communauté flamande condamnée pour la situation de crise persistante dans l'aide à la jeunesse
Ces centres multifonctionnels offrent un hébergement et/ou un suivi sur mesure aux jeunes porteurs d'un handicap. Le garçon dont il est question ici souffre de troubles émotionnels graves.
L'avocat de la famille, s'exprimant dans les médias flamands, estime que l'arrêt est "révolutionnaire". Il était surtout important pour ses clients que la justice reconnaisse que l'autorité flamande a systématiquement négligé de donner les moyens adéquats à ce secteur crucial pour les jeunes en difficulté, explique-t-il.
"Ce n'est plus un signal d'alarme, mais une sirène assourdissante qui doit pousser la ministre du Bien-être Caroline Gennez à l'action", critique depuis les bancs de l'opposition le député flamand Jeremie Vaneeckhout (Groen).
Une telle condamnation est une première pour la Communauté flamande. L'arrêt date de la semaine dernière.
Pour la première fois, un tribunal reconnaît une défaillance systémique dans l’aide à la jeunesse
À de multiples reprises, à partir de 2021, les parents ont demandé une admission prioritaire dans un centre multifonctionnel pour leur fils. Dans les faits, cela leur a été refusé "par manque de personnel et par manque de places d'accueil", indique lundi leur avocat, Stijn Verbist. La situation au domicile devenant de plus en plus difficile, le garçon s'est même retrouvé à un moment en détention.
La ministre compétente, la socialiste Caroline Gennez (Vooruit), indique le même jour que son administration va étudier l'arrêt, tout en reconnaissant qu'un enfant en difficulté a, a priori, "droit à être aidé". Selon elle, il y a déjà des initiatives pour accompagner davantage d'enfants, et les diriger vers l'endroit adéquat. "Et il y aura des places supplémentaires dans un futur proche", ajoute-t-elle.
"Trop peu, trop tard", réagit Jeremie Vaneeckhout. "C'est hallucinant que ce soit possible dans une région comme la Flandre". Secteur et experts disent depuis "des mois" que le masterplan de la ministre "est insuffisant", indique-t-il.
