La grève se poursuit ce vendredi chez Bpost. Les trois centres de distribution de Bruxelles restent bloqués, indique l'entreprise postale, qui y avait envoyé jeudi des huissiers de justice pour mettre fin aux piquets de grève. La capitale est privée de courrier depuis un certain temps.
Les trois centres de distribution bruxellois de Bpost restent bloqués, malgré le passage d'huissiers de justice
Le mécontentement du personnel, lié à des projets de réorganisation des horaires de travail visant à mieux adapter l’entreprise postale à la nouvelle réalité du marché des colis, entraine des grèves depuis la fin du mois de mars. Et le conflit social s’éternise.
"Les trois centres de distribution Bpost de Bruxelles sont bloqués ce matin", indiquait le porte-parole Mathieu Goedefroy. Il s'agit de blocages filtrants. Le personnel peut donc entrer et sortir, mais les camions contenant lettres et colis sont retenus. D'autres piquets de grève sont présents en Flandre et en Wallonie.
Jeudi, Bpost dépêchait des huissiers de justice aux piquets de grève qui bloquent ses centres de distribution, afin de faire constater les blocages. Mais les trois centres bruxellois restent bloqués ce vendredi. La capitale est ainsi privée de courrier depuis plus d'une semaine. Plusieurs sites wallons sont également à l'arrêt, tandis que des perturbations touchent aussi la Flandre.
Au total, 64% des tournées de courrier et de colis ont pu être assurées jeudi matin du côté wallon, a indiqué Bpost. En Flandre, ce chiffre s'élevait à 93%.
La ministre Matz tempère
Ce vendredi matin, la ministre de tutelle Vanessa Matz affirmait que 90% des travailleurs de Bpost reprenaient le travail ce vendredi. "Il y a eu un accord" avec les organisations syndicales "pour l'accompagnement" de la réforme qui s'impose chez Bpost, rappelait-elle. "Avec un encadrement des horaires, de ce qu'on a appelé la flexibilité,...".
Cet accord de jeudi de la semaine dernière, les syndicats souhaitaient encore avoir le temps de l'expliquer à leur base, mais une rapide communication de l'entreprise a créé de la "frustration", constate-t-elle. "Les travailleurs ont demandé à ce que cet accord soit signé par la direction, ce qui a eu lieu lundi". Hier, "75% des bureaux refonctionnaient", déclarait Vanessa Matz.
En pleine négociation du prochain contrat de gestion de Bpost, qui débute en 2027, la presse a souligné cette semaine que le gouvernement prévoit de raboter d'un tiers la subvention annuelle à l'entreprise. On craint donc des fermetures de bureaux de poste. Il y en aura bien, confirme la ministre Matz, mais certainement pas à hauteur d'un tiers des bureaux. Pas de "suppression massive, froide et aveugle", martelait-elle. "On sera créatif, on fera les économies demandées, mais pas au détriment du service (...) Je souhaite qu'on puisse toujours avoir au moins un bureau de poste par commune".
