À Gand, une centaine de militants pro-palestiniens ont entamé l’occupation du campus universitaire de la Coupure. Ils exigent que l’UGent intensifie ses efforts en vue d’un boycott académique total des institutions israéliennes.
Une centaine de militants pro-palestiniens occupent un campus de l’UGent pour exiger un boycott des organisations israéliennes
L’an dernier, l'occupation du bâtiment central UFO avait fait la une de l'actualité nationale pendant des semaines. Plus d'une centaine de militants avaient alors installé leurs tentes dans le bâtiment et l'action avait été interrompue après un ordre d'expulsion.
Les militants exigeaient à l'époque un boycott académique total des organisations israéliennes. Le recteur de l’époque Rik Van de Walle avait promis de mettre fin à une série de collaborations et d'appliquer des critères plus stricts en matière de droits de l'homme. Selon l'université, cette promesse a été tenue et des mesures ont déjà été prises pour réduire les collaborations problématiques. Mais les activistes jugent ces mesures insuffisantes.
"Nous voulons que toute coopération avec une entité israélienne cesse réellement", déclare l’activiste Youlian Burnham. Les occupants réclament un boycott académique intégral, y compris des collaborations que l’université ne considère pas elle-même comme problématiques. Plus tôt, l’université avait déjà mis fin à une coopération, après approbation de l’Union européenne.
"L’UGent doit oser sortir du cadre juridique et aller plus loin", affirment-ils. Selon les activistes, l’université invoque à tort le risque de demandes de dommages et intérêts. "Nous pensons que cela peut être contesté juridiquement. Nous ne visons pas uniquement l’université, mais aussi les autorités supérieures, qui doivent prendre des mesures."
Les activistes, qui se présentent comme un collectif d’étudiants, de membres du personnel et de sympathisants, n’ont pas choisi le campus de la Coupure au hasard. "Parmi toutes les collaborations problématiques, cinq ont un lien avec ce campus", explique Youlian Burnham. "Cela représente déjà 2,5 millions d’euros d’argent public européen versés à des entreprises et des gouvernements responsables de violations flagrantes des droits humains."
"Nous agissons concrètement en faveur d’un changement durable"
L’UGent souligne qu’une réunion a encore eu lieu lundi dernier avec les activistes. "Nous partageons leurs préoccupations concernant les droits humains et la gravité de la situation. Nous comprenons que leur action découle d’un engagement. Toutefois, une occupation prolongée des bâtiments ne constitue pas, selon nous, une voie durable."
"Nous avons pris un engagement sans relâche", ajoute l’université. "Nous voulons mettre fin aux collaborations problématiques avec des partenaires israéliens. Ce que nous faisons est peut-être moins rapide ou moins visible que ce que certains souhaiteraient, mais cela vise bel et bien un changement réel et durable".
L’UGent a par ailleurs mandaté un huissier de justice afin de constater l’occupation.

