Le secteur de la chimie, des matières plastiques et de la pharmacie a subi une perte d'emplois pour la deuxième année consécutive en 2025. C’est ce que rapporte la fédération sectorielle Essenscia mercredi. Cette tendance traduit une industrie en perte de vitesse après dix ans de croissance, avec un recul des exportations et un ralentissement des investissements.
Près de 1.600 emplois perdus dans le secteur de la chimie et de la pharmacie
Le secteur a enregistré l'an dernier un chiffre d'affaires de 75,4 milliards d'euros, en légère hausse de 0,7% par rapport à 2024, mais en recul en termes réels car il ne suit pas le rythme de l'inflation. Le résultat stagne autour de 75 milliards depuis trois ans, après avoir culminé à 87,5 milliards en 2022.
Après la suppression de 1.145 emplois en 2024, le secteur en a perdu 1.590 l'an dernier (dont 1.503 en Flandre), principalement dans la chimie et les matières plastiques. Il comptait 97.427 emplois directs à la fin de l'année.
Les exportations ont également reculé en 2025, de 4,6%, pour la troisième année consécutive. Les ventes pharmaceutiques vers les États-Unis ont par exemple diminué de 10% l'an dernier. Essenscia constate d'ailleurs une perte de parts de marché de la chimie et de la pharma belges au niveau mondial.
Le premier exportateur de Belgique
Le secteur reste néanmoins le premier exportateur de Belgique, représentant un tiers des exportations totales. Les investissements ont par contre progressé de 9% pour s'établir à 4,13 milliards d'euros, mais ces chiffres reflètent surtout des décisions prises par le passé.
Essenscia remarque très peu de nouvelles annonces d'investissement, aucune importante dans la chimie depuis plusieurs années. Les dépenses en recherche et développement ont par ailleurs atteint 7 milliards d'euros, principalement portées par la pharmacie et la biotechnologie.
Selon une analyse réalisée par le bureau spécialisé Trendeo, la Belgique conserve une position stratégique au sein de l'Europe mais la dynamique d'investissement s'est nettement essoufflée ces dernières années. Elle représentait 15,3% de l'ensemble des investissements sectoriels en Europe entre 2016 et 2019, contre 0,8% pour la période 2023-2025.
La fédération réclame des mesures
Face à ce contexte difficile, qui s'est installé avec l'invasion de l'Ukraine en 2022 et s'est poursuivi par la hausse des tensions commerciales attisées par Donald Trump, la fédération réclame des mesures afin de lever les "handicaps structurels de compétitivité" de la Belgique.
Elle demande des moyens pour réduire les coûts de l'énergie, notamment la mise en oeuvre de la réduction annoncée des tarifs de réseau de transport, mais aussi une approche plus ferme contre le dumping déloyal. Elle invite également les responsables politiques à stimuler la croissance et attirer les investissements à l'aide d'une réglementation moins contraignante entre autres.
"Les problèmes sont connus depuis des années, mais les solutions tardent à se concrétiser", regrette le président d'essenscia Jan Remeysen.
Sans actions rapides, la Belgique risque de manquer un cycle d'investissement déterminant pour l'avenir de son industrie, prévient la fédération.
