La direction de Bpost a annoncé par communiqué jeudi soir avoir trouvé un terrain d'entente avec les syndicats sur la mise en œuvre du plan de transformation élaboré par la direction de l'entreprise postale et de logistique, pour la distribution des colis et du courrier. Le syndicat VSOA dément cependant qu'un accord ait déjà été conclu concernant la mise en œuvre du plan de transformation. Une série de consultations avec les membres du syndicat débute aujourd'hui, suivie d'une approbation ou d'un rejet de l'accord préliminaire lundi. Ce n'est qu'à ce moment-là que les postiers pourront reprendre le travail, souligne le syndicat libéral.
Direction et syndicats de Bpost se sont mis d'accord sur le plan de transformation, les travailleurs doivent se prononcer
"Les négociations finales concernant la mise en œuvre intégrale du plan, les détails des modalités de l'implémentation et de la Convention collective de travail se poursuivent en vue d'aboutir à un accord avant le 30 avril 2026", ajoute Bpost dans son communiqué de jeudi soir. Le travail doit en principe reprendre ce vendredi avec l'objectif de résorber le plus vite possible l'arriéré de colis et courriers qui s'est accumulé au cours du mouvement de grève qui a débuté spontanément fin mars et a surtout entraîné des perturbations au sud du pays. Selon un porte-parole de l'entreprise, il est question de plusieurs centaines de milliers de lettres et colis en attente.
L'accord qui a été conclu, après plusieurs réunions de négociations intensives et le recours à des conciliateurs sociaux, prévoit qu'une majorité des services prendront fin vers 17h (au lieu de 18h dans le projet initial) - ce qui permet par exemple encore aux travailleurs d’aller chercher leurs enfants à la garderie. La question des horaires avait particulièrement crispé les employés dont un nombre important ont choisi de travailler chez Bpost pour les horaires matinaux justement.
Or, le plan de transformation prévoyait des horaires plus tardifs face aux changements auxquels est confrontée l'entreprise: une baisse structurelle du courrier traditionnel inversement proportionnelle à l'augmentation continue des volumes de colis. "Les grandes plateformes d'e-commerce injectent leurs volumes de plus en plus tard dans la soirée, voire la nuit, tout en attendant une livraison dès le lendemain avec un haut niveau de qualité", avait justifié Bpost fin mars.
Direction et syndicats ont aussi convenu ce jeudi d'une garantie de services complets sur cinq jours à horaire fixe et du maintien du titulariat. L'entreprise va en outre constituer un pool interne afin d'éviter autant que possible le recours à la sous-traitance externe. Enfin, la valeur des chèques-repas sera augmentée de deux euros dans le cadre de la convention collective de travail.
Mise en oeuvre progressive
Le plan de transformation sera mis en œuvre de manière progressive, assure Bpost, qui dit reconnaître "l'impact des mesures" du plan de transformation "sur le rythme de travail et la vie des factrices et facteurs et de leurs responsables."
"Les grèves de ces dernières semaines ont pesé lourdement sur l'ensemble de l'entreprise, sur les clients et le personnel, et ont entamé la confiance des clients. Pour pouvoir clore cette période et aller de l'avant, il importe de créer à nouveau les conditions requises pour revenir à un fonctionnement stable", concluait Bpost dans son communiqué.
"Pas d'accord avant lundi"
Les syndicats de bpost présenteront ce vendredi aux travailleurs et travailleuses le pré-accord trouvé avec la direction jeudi soir. Aucune reprise normale des activités n'est prévue pour l'instant, précisent les syndicats.
Ces derniers doivent encore consulter leur base afin de lui présenter le texte, a précisé Stéphane Daussaint (CSC-Transcom Poste). Il y a "cinq points à discuter", a ajouté Thierry Tasset, de la CGSP Poste. La fin du mouvement de grève reste conditionnée à l'issue des consultations avec le personnel, soulignent donc les syndicats.
La ministre des Entreprises publiques, Vanessa Matz, se félicite déjà de l'accord préliminaire. "Cela montre que même dans les situations difficiles, le dialogue social reste la meilleure voie à suivre". Selon la ministre, il est également essentiel que la situation sur le terrain se normalise afin de pouvoir aborder les grands défis des entreprises dans un climat social apaisé.

