Quelque 10.064 étudiants en Flandre tentent d'obtenir leur diplôme tout en percevant des aides sociales. Plus précisément un revenu d’intégration, octroyé par les Centres publics d’action sociale (CPAS) des villes et communes. C'est ce que révèlent les chiffres annuels consultés par VRT NWS. Ce nombre ne cesse d'augmenter d'année en année. Les étudiants concernés soulignent que ce soutien financier les aide aussi mentalement. La ville de Gand compte actuellement le plus grand nombre d'étudiants bénéficiaires d'aides sociales (1.203), suivie par Malines (584) et Anvers (546).
Un nombre record de jeunes étudiants bénéficient d'un revenu d'intégration sociale
Le revenu d’intégration sociale est accessible aux étudiants majeurs qui ne bénéficient d'aucun soutien ni accompagnement. Les Centres publics d'action sociale (CPAS) les aident à obtenir un diplôme grâce à ce soutien financier. "Pour moi, c'est une véritable bouée de sauvetage", témoigne Matisse Beirens (photo), étudiant en histoire à l'Université de Gand (Flandre orientale).
"Je travaille depuis l'âge de 16 ans pour gagner un peu d'argent. A la maison, les finances étaient devenues très serrées et il était trop difficile pour mes parents de subvenir à mes besoins. Je suis parti vivre à Gand et je perçois un revenu d’intégration sociale. Je fais encore des petits boulots à côté, mais grâce au soutien du CPAS je peux me concentrer sur mes études. C'est un vrai soulagement moral."
Pas de chèque en blanc
Matisse et les autres étudiants bénéficiaires de l'aide sociale ne reçoivent pas simplement l'argent sur leur compte. Des accords stricts encadrent leur progression dans leurs études. Ils sont également tenus de travailler un certain nombre d'heures par an. Un assistant social assure le suivi. En cas de difficultés, l'aide peut être retirée.
"Je dois assumer tous les frais : l’inscription, les manuels d’étude, le loyer, la nourriture et les boissons. Ce n'est pas facile. Surtout comparé à d’autres étudiants", explique Matisse. "Travailler ne me dérange pas, mais c'est bien de ne plus avoir à y penser constamment."
Une augmentation de 14%
Le revenu d’intégration est destiné aux jeunes de moins de 25 ans qui doivent encore terminer leurs études secondaires, à ceux qui suivent une formation continue ou ceux qui préparent un diplôme de l'enseignement supérieur.
En apportant un soutien temporaire aux jeunes plus vulnérables, on améliore leurs perspectives d'emploi.
Nathalie Debast, Association des villes et communes flamandes (VVSG)
L'année dernière, le Service public pour l'Intégration sociale en Flandre a enregistré 10.064 étudiants bénéficiant d’un revenu d’intégration. Cela représente une augmentation de 14 % par rapport à il y a cinq ans. Les aides sociales pour une personne isolée s'élèvent désormais à 1.340 euros par mois. "La fin du mois reste difficile, mais c'est plus serein", explique Matisse.
"Nous constatons que les étudiants viennent plus facilement frapper à la porte d’un Centre public d'action sociale (CPAS). Ils ont principalement besoin d'un soutien financier et moins d'un accompagnement psychosocial", précise Nathalie Debast de l'Association des villes et communes flamandes (VVSG). "Ils doivent bien sûr remplir les conditions requises. En les soutenant temporairement, on augmente leurs chances de trouver un emploi sur le marché du travail et ils peuvent ensuite reprendre leur vie en main."
"C’est un investissement durable dans l’avenir de jeunes pour qui, sans cela, cet avenir serait inaccessible. C’est aussi une bonne chose pour la société dans son ensemble. L’obtention d’un diplôme ne devrait pas dépendre du lieu où l’on est né", estime l’échevine gantoise Astrid De Bruycker.
(Ci-dessous le nombre d'étudiants qui recevaient un revenu d'intégration en 2025, par commune)
Gand est à nouveau en tête
La ville de Gand, en Flandre orientale, compte le nombre le plus élevé d'étudiants bénéficiant d'un revenu d’intégration, soit 1.203 jeunes. Ce chiffre n'est pas surprenant, étant donné qu'il s'agit de la plus grande ville étudiante de Flandre et qu'elle propose une grande variété de formations.
Ce nombre est en constante augmentation. Quelque 44 % des étudiants bénéficiaires d'aides sociales à Gand suivent un cursus pour obtenir un diplôme de l’enseignement secondaire. Il ne s'agit donc certainement pas uniquement d’étudiants de l'enseignement supérieur.
Ailleurs en Flandre, les chiffres varient considérablement. Les grandes villes abritant des établissements d'enseignement supérieur affichent généralement des chiffres plus élevés, car les jeunes s'y installent souvent pour étudier. Cependant, on trouve également des étudiants bénéficiaires du revenu d’intégration dans les petites communes, qui font la navette ou suivent des cours à distance.
Par ailleurs, le nombre d'étudiants bénéficiaires d'un revenu d’intégration en Flandre reste nettement inférieur à celui de la Wallonie (18.421 jeunes) et de Bruxelles (14.246 jeunes).
