À Anvers, la société flamande de transport en commun De Lijn a mis en service son millième bus électrique ce mercredi, en présence de la ministre régionale de la Mobilité Annick De Ridder. Au total, 3.800 bus circulent actuellement en Flandre, dont 1.000 sont désormais électriques. Ils appartiennent conjointement à De Lijn et la Fédération belge des exploitants d'autobus et d'autocars (FBAA). "Une étape importante dans la transition écologique", déclarent la société et la Fédération. Cependant, le nombre de dépôts où les bus doivent être rechargés est encore insuffisant, ce qui risque de créer un goulot d'étranglement.
De Lijn a mis en service son 1.000e bus électrique : "Les dépôts doivent aussi être adaptés"
D'ici moins de dix ans, De Lijn ambitionne de proposer des transports publics entièrement décarbonés. L'électrification des bus est un élément essentiel de cette stratégie. D'ici 2035, la société flamande de transport espère disposer de 3.800 bus électriques. Bien que leur nombre augmente, la directrice générale Ann Schoubs reconnaît que De Lijn est encore en train de rattraper son retard.
Actuellement, environ les trois quarts des bus exploités par De Lijn appartiennent à des entreprises privées. "C’est le millième bus, mais De Lijn a encore un certain retard. Nous sommes pleinement mobilisés pour combler cette lacune", déclarait-elle à VRT NWS ce mercredi.
Grâce à un investissement supplémentaire de 400 millions d’euros, des centaines de nouveaux bus ont été commandés l’année dernière. D’ici la fin de la législature, De Lijn devra elle aussi disposer d’environ 1.000 bus électriques, soit autant que les entreprises privées.
Les dépôts représentent un défi
Mais investir uniquement dans les nouveaux véhicules ne suffit pas. Il faut également se pencher sur l'infrastructure de recharge, l'approvisionnement énergétique et la maintenance. "Le nombre de dépôts doit évoluer au même rythme, afin que tous les bus puissent être rechargés", explique la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder. "Cependant, cela risque de créer un goulot d'étranglement. Des procédures judiciaires sont en cours contre des dépôts ici et là. Il faut se mettre au travail."
La ministre fait notamment référence au dépôt de Wissenhage, situé dans le quartier Bloemekenswijk à Gand. Wissenhage s'étend sur 14 hectares. En théorie, il y a donc de la place pour au moins 120 bus et tramways électriques.
Entretemps, le projet de dépôt accuse des retards depuis de nombreuses années. Le permis de construire a été annulé par le Conseil des litiges en matière de permis, ce qui oblige De Lijn à déposer une nouvelle demande, incluant une nouvelle étude d'impact environnemental (EIE). La population locale s'y est également opposée. Le pont reliant le site au centre-ville est prêt à accueillir des tramways depuis quinze ans, sans succès.
"Le millième bus électrique est un signe que la Flandre avance", estime la ministre De Ridder. "Le gouvernement flamand a débloqué un investissement massif de 400 millions d'euros pour l'achat de bus électriques (notamment auprès des constructeurs BYD et Iveco). L'année dernière, De Lijn a commandé plus de 650 nouveaux bus électriques."
D’après la société De Lijn, ses conducteurs sont en majorité contents des nouveaux e-bus. "Ils doivent s’y adapter, mais ils sont plus confortables, moins bruyants et possèdent davantage de systèmes de sécurité que les bus au diesel", indique la directrice générale Ann Schoubs.
