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La crainte d’une hausse des taux d’intérêt stimule le marché immobilier et surtout les ventes d’appartements

La crainte d’une hausse des taux d’intérêt a poussé les Belges, au cours des premiers mois de cette année, à accélérer leurs achats immobiliers. Et ce n’est pas sans raison : hier, le taux des crédits hypothécaires à taux fixe a atteint son niveau le plus élevé depuis 2014. “Les jeunes veulent concrétiser leur projet de logement tant que c’est encore possible”, explique Bart Van Opstal, porte-parole de Notaris.be. Les appartements sont particulièrement prisés, y compris par les investisseurs.

Eric Steffens
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Malgré un climat géopolitique incertain, le nombre de ventes sur le marché immobilier continue d’augmenter. "C’était inattendu", estime le notaire Bart Van Opstal.

Au cours du premier trimestre de cette année, le nombre de transactions immobilières (maisons et appartements confondus) en Belgique a progressé de plus de 3 % par rapport à la même période de l’an dernier. C’est ce que révèle le dernier baromètre immobilier de la Fédération du Notariat (Fednot).

Les appartements sont particulièrement prisés, avec une hausse des ventes de 8 %. Cette progression est en réalité en partie "due" à l’incertitude géopolitique. "Les jeunes et les investisseurs veulent anticiper la hausse des taux d’intérêt", explique Bart Van Opstal.

Ces jeunes acheteurs se tournent donc plus souvent vers les appartements. Les maisons suivent de loin, avec une hausse des ventes de 2 %.

La Flandre occidentale, moins chère, a attiré de nombreux acheteurs

En Flandre, on observe des différences régionales marquées en matière de ventes immobilières. La Flandre occidentale enregistre la plus forte croissance, avec une hausse de 6 % et un pic notable des ventes d’appartements (+16 %). "La province était encore la moins chère l’an dernier, ce qui a attiré des acheteurs supplémentaires", explique Van Opstal.

Cette année, la province du Limbourg a repris le titre de province la moins chère. Jusqu’à présent, le nombre de ventes immobilières y reste globalement stable. Le nombre de maisons vendues y recule même de 2 % par rapport à 2025.

À Bruxelles, les ventes de logements ont augmenté de 6 %, tandis que la Wallonie enregistre, comme la Flandre, une hausse de 3 %.

 Augmentation du nombre de ventes :

Les jeunes acheteurs et les investisseurs sous pression

L’acheteur moyen a aujourd’hui 41 ans, mais les jeunes générations influencent fortement le marché immobilier. Les 26-30 ans sont particulièrement actifs : ils représentent 21 % des achats de maisons et 14 % des achats d’appartements. Environ 6,5 % des acheteurs ont 25 ans ou moins.

Selon Van Opstal, les jeunes acheteurs ont bien anticipé la hausse des taux des crédits hypothécaires et ont donc décidé de passer plus rapidement à l’action.

Les investisseurs sont eux aussi poussés par un contexte économique incertain.  "Les fluctuations des marchés boursiers créent de l’incertitude", explique Van Opstal. "De nombreux investisseurs cherchent alors une valeur refuge. L’immobilier belge, et en particulier les appartements, reste un choix logique."

L'âge des acheteurs de biens immobiliers en Belgique :   

Les taux d’intérêt au plus haut niveau depuis 2014

Ceux qui ont voulu devancer la hausse des taux d’intérêt ont eu raison. Hier encore, le taux d’un crédit hypothécaire à taux fixe et à échéance longue est passé au-dessus de 4 %, pour la première fois depuis 2014. Le taux moyen d’un prêt hypothécaire à taux fixe sur 25 ans s’établit désormais à 4,02 %. Pour les crédits immobiliers sur 20 ans, il est de 3,81 %. Ceux qui optent pour un taux variable révisable annuellement sur 25 ans paient en moyenne 3,55 %.

Ce ne sont donc pas de bonnes nouvelles pour ceux qui souhaitent emprunter aujourd’hui pour acheter un logement. Faut-il malgré tout signer rapidement avant une nouvelle hausse des taux ? La réponse est nuancée selon Bart Van Opstal.

"Il est difficile de prévoir l’évolution de la géopolitique et donc des taux d’intérêt. Mais si votre budget actuel vous permet aujourd’hui de financer votre projet, il ne faut pas inutilement reporter votre achat. Vous risquez sinon d’être confronté à des taux encore plus élevés", explique-t-il.

Les prix continuent de monter, mais moins rapidement

Les taux ne sont pas les seuls à augmenter : les prix de l’immobilier continuent eux aussi de progresser, même si le rythme est nettement plus modéré que l’an dernier. « Les maisons comme les appartements ont augmenté d’environ 2 % », indique Van Opstal. "Cette hausse suit l’inflation actuelle et reste bien inférieure à celle observée l’année dernière."

Une maison coûte en moyenne environ 360.000 euros en Belgique, soit près de 3 % de plus que l’an dernier. Cette légère hausse se retrouve dans toutes les provinces flamandes. La province la plus chère pour une maison est actuellement le Brabant flamand, avec un prix moyen de 448.000 euros.

Elle est suivie par la province d’Anvers, où les prix dépassent légèrement 430.000 euros. Le Limbourg reste la province la moins chère au premier trimestre de cette année, avec un prix moyen de 350.000 euros.

A noter : les prix à Bruxelles sont nettement plus élevés (en moyenne 607.000 euros) et ont malgré tout encore augmenté plus fortement (+4 %). "L’immobilier bruxellois se porte étonnamment bien, peut-être que la stabilité politique de la région joue un rôle positif", explique Van Opstal, en référence au nouveau gouvernement bruxellois qui a été formé après 600 jours.

Prix moyen d'une maison : 

Un appartement coûte en moyenne 288.000 euros en Belgique, soit une hausse d’environ 2 % par rapport à 2025.

Les prix ont le plus augmenté au Limbourg, avec +6 %, pour atteindre également une moyenne de 288.000 euros. "Le Limbourg a clairement rattrapé son retard en matière de prix", souligne Van Opstal. "Autrefois, les logements y étaient nettement moins chers que dans les provinces voisines. Mais cet écart se réduit progressivement."

À Anvers, en revanche, les prix des appartements sont restés globalement stables.

Prix moyen d'un appartement :   

Les chiffres du baromètre immobilier de la Fédération du Notariat (Fednot) sont basés sur l’ensemble des ventes immobilières réalisées dans notre pays. Ils sont collectés de manière numérique lors de la signature du compromis de vente, puis complétés ultérieurement par des données supplémentaires issues de l’acte authentique.

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