En 2025, 583 intrusions ont été signalées au sein du domaine ferroviaire belge, entrainant neuf décès et un retard journalier des trains de 4h30 en moyenne. Face au nombre croissant de tels signalements à Bruxelles, Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire a présenté un nouveau dispositif anti-intrusion au sein de la gare de Bruxelles-Nord.
583 intrusions signalées sur les voies en 2025, Infrabel prend des mesures
Le phénomène d’intrusion sur les voies bien qu’en recul ces dernières années, reste problématique. "Traverser les voies est extrêmement dangereux", souligne Thomas Baeken, porte-parole d'Infrabel. "L’an dernier encore, neuf personnes en sont décédées."
Le caractère risqué de ce comportement est illustré par des images captées par une caméra automatique d’Infrabel sur la jonction Nord-Midi à Bruxelles. On y voit deux personnes avec des bagages traverser le faisceau ferroviaire le plus fréquenté du pays.
La présence de personnes sur les voies entraîne d’importantes perturbations. Le trafic ferroviaire doit alors être interrompu, avec des conséquences à l’échelle nationale, la jonction Nord-Midi étant l’axe central du réseau. Lors de l’incident filmé à Bruxelles-Nord, Infrabel a dû immobiliser 117 trains, entraînant au total 15 heures de retard.
Par le passé, Infrabel a déjà pris des mesures en collaboration avec la police et mené des campagnes de sensibilisation.
L’entreprise recense 102 "points noirs", des endroits où les intrusions sur les voies sont fréquentes. On constate que le phénomène se produit de plus en plus souvent directement dans les gares.
De nouvelles mesures sont désormais mises en place. "Nous avons lancé un projet pilote à la gare de Bruxelles-Nord", explique Thomas Baeke. Une barrière de deux mètres de haut a ainsi été installée entre les voies 8 et 9, au plus près de la jonction, afin d'empêcher tout franchissement. Si un individu parvient tout de même à dépasser la clôture, un message diffusé via un haut-parleur l'enjoint à quitter immédiatement la zone. Une caméra de sécurité intelligente, connectée à un poste de contrôle de la SNCB, permet en outre de surveiller les voies en temps réel. En cas de franchissement, Infrabel et la police ferroviaire sont alors prévenus.
Le coût du projet, en test depuis quelques semaines, s'est élevé à 75.000 euros.
Un mécanisme de détection similaire au sein de la gare de Bruxelles-Chapelle a déjà permis de réduire le nombre d'intrusions de moitié, ajoute Infrabel. Rien qu’à Bruxelles-Nord, 19 signalements d’intrusions ont été enregistrés l’an dernier, contre 18 à Bruxelles-Midi et 15 à Bruxelles-Central.

