La rédaction en chef de l’information au sein du média public flamand a annoncé jeudi après-midi que la VRT mettra fin à la publication d’articles sur ses sites internet en français, allemand et anglais à compter du 1er décembre 2026. Cinq journalistes travaillent actuellement au sein des rédactions Flandreinfo.be, Flanderninfo.be et Flandersnews.be, partiellement avec l’aide de quelques indépendants. Il n’y aura pas de licenciements secs, mais deux départs à la pension, qui rendent la poursuite du service a priori impossible en raison des restrictions budgétaires imposées actuellement à la VRT. La radio-télévision publique flamande perdra ainsi dans 8 mois son service international en langues étrangères vieux de plus de 80 ans et unique à l'heure actuelle dans le paysage médiatique belge.
La rédaction de Flandreinfo.be cessera ses publications le 1er décembre prochain
VRT NWS informe notamment les expatriés qui ne parlent pas couramment le néerlandais mais aussi de nombreux lecteurs installés à l’étranger via des sites internet en français, en anglais et en allemand. Les articles publiés sur Flandreinfo.be, Flandersnews.be et Flanderninfo.be apportent ainsi un éclairage supplémentaire sur l'actualité en Flandre et à Bruxelles, mais aussi sur des initiatives belges à l’étranger.
"Nous sommes confrontés à une décision difficile", souligne la rédaction de VRT NWS. "Nos collègues des Langues étrangères publient chaque jour des articles de grande qualité, rédigés avec passion et dévouement. Malheureusement, ce travail considérable ne permet pas d'atteindre un public vraiment large." La portée des contenus en langues étrangères est trop limitée au regard des ressources humaines et matérielles nécessaires à leur production, estime la rédaction en chef.
Restrictions budgétaires
Mais ce sont actuellement surtout les départs à la pension de deux des cinq journalistes concernés, prévus pour le printemps 2027, qui rendent le fonctionnement futur des trois rédactions pratiquement impossible. Ces journalistes ne seront en effet pas remplacés, en raison des restrictions budgétaires auxquelles est confrontée la VRT.
La chaîne publique flamande devant réaliser 16,6 millions d'euros d'économies d'ici 2030, "des décisions doivent être prises afin de garantir l'utilisation de toutes les ressources disponibles pour diffuser des informations fiables et actualisées à tous les publics cibles", précise la rédaction en chef pour expliquer la suspension des trois sites web concernés.
Flanderninfo, Flandreinfo et Flandersnews cesseront donc leur publication le 1er décembre prochain. Pour les trois autres journalistes de l’actuelle rédaction en langues étrangères d’autres missions sont envisagées au sein de la VRT, notamment dans la rédaction en ligne également confrontée à un manque de personnel.
80 ans de service international
Cette décision marque la fin de plus de huit décennies d'histoire des médias belgo-flamands, qui avait débuté pendant la Seconde Guerre mondiale avec les émissions de la BNRO depuis les studios de la BBC à Londres. Après la guerre, l'Institut national de radiodiffusion (INR) avait lancé son service d'information en ondes courtes, émettant depuis Bruxelles et Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa), dans l'ancienne colonie belge du Congo.
Ce service a ensuite évolué pour devenir la BRT "Wereldomroep", puis Radio Vlaanderen Internationaal (RVI) qui a d’abord diffusé en ondes moyennes et courtes, puis par satellite. En mars 2005, RVI avait cessé la diffusion de ses émissions quotidiennes dans d'autres langues que le néerlandais. Un magazine d'information biquotidien en anglais a continué d'être diffusé pendant encore un an et demi.
Les anciens journalistes de RVI, qui produisaient des émissions en allemand, en anglais et en français, ont alors été intégrés à la nouvelle rédaction en ligne, où ils ont développé les trois sites web Flandersnews.be, Flandreinfo.be et Flanderninfo.be.
Après plus de 20 ans, les derniers articles seront publiés sur les trois sites en langues étrangères de VRT NWS le lundi 30 novembre prochain. Le service public flamand perdra alors un atout assez unique dans le paysage médiatique belge.

