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Anneleen Van Bossuyt, Ahmed Attaf et Maxime Prévot ont signé ces accords mardi.

La Belgique et l’Algérie signent deux accords dont l'un vise la réadmission des Algériens en séjour illégal dans notre pays

"Cette décision est très importante pour notre lutte contre les personnes en séjour illégal, pour réduire la pression sur nos prisons et rendre notre société plus sûre", a déclaré la ministre de l’Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt (N-VA) à propos du nouvel accord de réadmission avec l’Algérie. Elle parle d’un "accord historique qui s’est fait attendre pendant près de 20 ans". Mais qu’est-ce qui change exactement ?

Eric Steffens Belga
Publié:

La Belgique et l'Algérie ont signé mardi deux accords liés entre eux, l'un visant la réadmission des personnes de nationalité algérienne qui se trouvent en séjour illégal en Belgique, l'autre prévoyant une exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Maxime Prévot (Les Engagés) et Ahmed Attaf, ainsi que la ministre belge de l'Asile et la Migration Anneleen Van Bossuyt ( N-VA) l'ont annoncé à l'issue d'une visite de travail du chef de la diplomatie algérienne à Bruxelles.

Voici ce que prévoit l’accord avec l’Algérie

1. L’Algérie s’engage à confirmer plus rapidement si une personne est réellement de nationalité algérienne. Aujourd’hui, cela peut parfois prendre plusieurs mois, mais ce délai devra être limité à environ deux semaines. Pourquoi est-ce important ?  "Certains migrants se font à tort passer pour des Algériens, justement parce que le retour vers ce pays est très difficile", explique la ministre Van Bossuyt dans De Ochtend (VRT).

2. La Belgique dispose également de plus de temps pour renvoyer une personne. Le document de voyage pour le retour ne sera plus valable 24 heures, mais 30 jours. "Jusqu’à présent, cela échouait souvent parce que les papiers n’étaient valables qu’un jour."

3. Plusieurs personnes pourront désormais être renvoyées ensemble sur un même vol. Ce vol ne devra pas nécessairement être direct.

4. La Belgique pourra faire appel à des escorteurs algériens. La sécurité des vols de retour ne devra donc plus être assurée uniquement par la police fédérale.

Le déplacement à Bruxelles du ministre algérien des Affaires étrangères suivait de quelques mois une visite de Maxime Prévot à Alger, en juillet 2025. "Nous y avions pris un engagement: rattraper le temps perdu", indique le chef de la diplomatie belge. Mardi, cet engagement s'est en partie "concrétisé", assure-t-il, avançant des contrats décrochés par des entreprises belges, de nouvelles pistes de coopération dans le domaine énergétique et dans les ressources minières, ainsi que les deux accords signés le jour même: exemptions ciblées de visa, contre avancées concrètes pour la réadmission de ressortissants algériens.

"Un accord historique attendu depuis près de 20 ans"

La ministre Anneleen Van Bossuyt a fait des accords avec les pays d'origine un axe prioritaire de sa politique visant à réduire les demandes d'asile et à augmenter les retours effectifs, après un ordre de quitter le territoire. Mardi, elle parle d'un accord "historique", attendu depuis près de 20 ans.

Selon les chiffres communiqués par son cabinet, 2.251 personnes déclarant avoir la nationalité algérienne ont reçu l'an dernier un ordre de quitter le territoire. Seules 85 ont effectivement quitté le pays. Par ailleurs, "780 personnes se déclarant algériennes sont actuellement incarcérées dans nos prisons, dont 700 sans titre de séjour légal".

L'accord de réadmission, qui doit encore passer par le parlement, englobe plusieurs engagements concrets: une identification plus rapide des personnes concernées (environ 15 jours), un document de voyage (laisser-passer) dont la validité est prolongée à 30 jours pour les retours. La ministre Anneleen Van Bossuyt annonce aussi "la possibilité de transférer plusieurs personnes par vol et de recourir à des vols directs ou indirects", et la possibilité "de faire appel à des escorteurs algériens" pour les retours forcés.

"Ce sont des étapes concrètes", se réjouit la ministre N-VA après la signature. "Les deux pays s'engagent, et les deux accords vont ensemble", souligne-t-elle.

"Un partenariat à creuser dans le domaine de l'énergie"

Au-delà de ces deux accords signés mardi avec Anneleen Van Bossuyt, le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot met quant à lui en avant de nouvelles opportunités pour les entreprises belges, ainsi qu'un partenariat à creuser dans le domaine de l'énergie.

"L'Algérie est le 4e fournisseur de gaz de l'Union européenne, et le deuxième par gazoduc", souligne-t-il. "Quand on parle aujourd'hui de diversifier nos approvisionnements, quand on mesure les conséquences de la crise dans le Golfe et de la fermeture du détroit d'Ormuz sur les prix de l'énergie, quand on voit aussi l'impact que ça a sur la question de la sécurité alimentaire mondiale, nous mesurons combien l'Algérie est plus que jamais un partenaire stratégique. À l'invitation de l'Algérie, notre envoyé spécial 'énergie' se rendra à Alger fin du mois prochain pour approfondir notre coopération dans les domaines de l'énergie, des énergies renouvelables et des ressources minières critiques", annonce-t-il.

Le cabinet ajoute également que "des discussions sont en cours" pour un partenariat entre Sonatrach et John Cockerill dans le domaine de l'hydrogène. Sonatrach, entreprise nationale algérienne d'hydrocarbures, était un partenaire historique de la Belgique pour la livraison de GNL à partir des années '80.

Actuellement, les échanges commerciaux entre la Belgique et l'Algérie représentent quelque 1,7 milliard d'euros par an. "Dans les matériaux de construction, dans le dragage portuaire, dans les véhicules lourds, dans la mobilité, dans la logistique aéroportuaire, il y a un potentiel considérable que nous ne faisons ici qu'effleurer", souligne Maxime Prévot.

Le ministre algérien Ahmed Attaf a salué un "regain d'intérêt des entreprises belges pour le marché algérien" et a appelé à accroître encore la présence des acteurs belges dans son pays. Les opportunités d'investissement sont là, "notamment dans les secteurs de l'énergie, des mines, de l'agriculture, y compris saharienne, l'industrie, le transport, l'innovation", souligne-t-il.  

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