Malgré les crises à répétition, l'élan de solidarité ne s'essouffle pas en Belgique. En 2025, six Belges sur dix ont encore ouvert leur porte-monnaie pour soutenir une bonne cause, si l’on en croit le Baromètre de la philanthropie publié ce jeudi par la Fondation Roi Baudouin. Depuis la pandémie de Covid-19, les dons restent à un niveau similaire, tant en nombre qu'en montant. Selon les derniers chiffres, les Belges déclarent en moyenne 326 euros de dons caritatifs sur leur déclaration annuelle de revenus. Ce chiffre ne concerne que les dépenses déductibles et non, par exemple, les ventes de gaufres ou les courses sponsorisées par des écoles ou des clubs sportifs. Une nouvelle règlementation fiscale va-t-elle cependant mettre un frein à la générosité des Belges ?
Les Belges restent généreux malgré les crises : 60% d'entre eux ont fait un don en 2025
Dans le détail, la majorité des contributions (65% des donateurs) se situe sous la barre des 250 euros. Les dons plus élevés, de 500 euros ou plus, sont en régression, tandis que les montants intermédiaires, compris entre 250 et 499 euros, progressent nettement. Globalement, le montant moyen des dons, corrigé de l'inflation, demeure stable dans le temps et se sutue autour des 326 euros.
Le profil des donateurs fait apparaître quelques différences. Les néerlandophones donnent légèrement plus que les francophones, tout comme les personnes très qualifiées par rapport aux moins qualifiées. L'âge constitue également un facteur déterminant. Les plus de 35 ans se montrent ainsi plus enclins à donner que les jeunes adultes (ils en ont peut-être aussi davantage les moyens).
"La plupart des donateurs ont fait autant de dons que l'année précédente", observe la Fondation. "Les hausses observées s'expliquent principalement par l'actualité, notamment les catastrophes ou crises survenues en 2025, tandis que les baisses sont surtout liées à une dégradation de la situation financière personnelle", poursuit-elle.
Les causes soutenues sont, elles aussi, constantes. La santé et la recherche médicale arrivent en tête, citées par 64 % des donateurs, devant l'action humanitaire et l'aide au développement (53 %) et la lutte contre la pauvreté et la justice sociale (46 %).
Modification fiscale
Parallèlement, les incitants fiscaux continuent de jouer un rôle clé, puisque 63 % des Belges les considèrent comme un facteur important dans leur décision de donner. La réduction de l'avantage fiscal intervenue en 2025 (passant de 45 % à 30 %), pourrait toutefois influencer certains comportements : 18 % des donateurs indiquent qu'ils pourraient donner moins, tandis que 73 % estiment que cette réforme n'aura pas d'impact sur leurs dons. Son effet réel devra néanmoins être confirmé par des données officielles.
Au-delà des pratiques, la perception de la philanthropie s'avère largement positive. Plus de huit Belges sur dix (81 %) jugent qu'elle est importante pour la société et 78 % estiment qu'elle contribue à un monde meilleur. Enfin, si davantage de Belges rédigent un testament, la proportion d’entre eux qui y incluent une organisation caritative recule nettement, passant de 23 % en 2022 à 13 % en 2025.
Publié tous les trois ans, le Baromètre de la philanthropie de la Fondation Roi Baudouin repose sur deux volets complémentaires. L'Index de la philanthropie s'appuie sur des données objectives issues notamment de la Banque nationale, du service public fédéral Économie et du service public fédéral Finances, tandis que le Climat de la philanthropie se base sur une enquête réalisée par IPSOS auprès de 1.000 Belges.
