Aller au contenu principal

La Flandre compte plus de 21.000 personnes sans-abri et sans chez soi

Le nombre de sans-abri et de personnes sans chez soi augmente en Flandre, si l’on en croit les derniers dénombrements effectués dans différentes régions de Flandre à l'automne dernier et dont les résultats ont été communiqués ce jeudi. Ces opérations avaient été coordonnées par le Service interfédéral de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale, avec le soutien scientifique de LUCAS, le Centre de connaissances sur les soins et le bien-être de l’Université de Louvain (KU Leuven). Les travailleurs sociaux témoignent de situations éprouvantes au quotidien.

Anne François Belga
Publié:

De tels dénombrements ont déjà été effectués dans environ deux tiers des communes flamandes au cours des six dernières années. En octobre 2025, ils avaient eu lieu dans les régions d'Asse-Dilbeek-Affligem et du Demerland (toutes deux situées dans le Brabant flamand), ainsi que dans le Limbourg septentrional et dans la région du Rivierenland (province d'Anvers).

Sur base des différents dénombrements effectués depuis 2020, les chercheurs du projet LUCAS estiment désormais que, par extrapolation, la Flandre compte 21.428 personnes sans domicile fixe - plus précisément 14.822 adultes et 6.606 mineurs. Il ne s'agit pas seulement de personnes contraintes de vivre dans la rue mais aussi, par exemple, de personnes sans chez soi, c'est-à-dire hébergées dans des centres d'accueil d'urgence ou chez des proches, ainsi que de personnes expulsées de leur logement.

Les chiffres globaux, extrapolés chaque année à partir des dénombrements, ne peuvent pas être directement comparés entre eux, mais les chercheurs constatent néanmoins une aggravation du problème. C'est ainsi qu'en 2025, dans le Limbourg-Nord et la région de Rivierenland, les opérations ont révélé une augmentation du nombre de personnes sans abri ou sans chez soi.

"À chaque nouveau dénombrement, nous constatons une hausse", explique le professeur Koen Hermans (KU Leuven). Il considère notamment la détérioration de l'accessibilité financière du logement comme un facteur majeur de l'aggravation du problème. "Quelle que soit la cause du sans-abrisme, un logement abordable est la solution." De plus, le coût de la vie a considérablement augmenté au niveau européen, pointe encore l'expert. "Cela rend la situation encore plus difficile pour les personnes à faibles revenus."

Beaucoup de jeunes

Ce groupe de personnes dans la précarité est d'ailleurs très hétérogène. Sur les 21.428 personnes recensées, on estime à 641 le nombre d'adultes et à 12 le nombre de mineurs qui se trouveraient dans l'espace public. La plupart des adultes ont trouvé refuge temporairement chez des membres de leur famille, des amis ou des connaissances (5.187), tandis que la plupart des mineurs sont hébergés dans des centres d'accueil ou des logements temporaires (2.658).

Sur l'ensemble de cette population, 35 à 45% sont des femmes, un cinquième à un quart sont des jeunes adultes et un cinquième ont plus de 50 ans. Les statistiques montrent également que le sans-abrisme n'est pas uniquement un problème urbain et qu'une grande partie des personnes concernées - entre 30 et 40 % - n'ont pas la nationalité belge.

Selon les dernières données du Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale publiées en avril 2025, la Région bruxelloise comptait 9.777 personnes sans abri ou sans chez soi (8.099 adultes et 1.678 enfants) en 2024. Un dénombrement y est réalisé tous les deux ans depuis 2008. Depuis 2020, c'est le centre d'études Bruss'help qui s'en charge.

En Wallonie, on dénombrait 19.387 personnes dans la précarité (14.183 adultes et 5.204 enfants). Le dernier dénombrement a eu lieu en octobre dernier dans les régions de Liège, Huy-Waremme, Tournai-Mouscron et les résultats seront publiés le 2 avril prochain.

Sans-abri à Bruxelles

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5