La Fédération des entreprises de Belgique a déclaré ce mardi accueillir favorablement l'accord commercial conclu entre l'Union européenne et l'Australie, et signé par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Premier ministre australien Anthony Albanese. Les négociations auront duré 8 ans. L’accord créera de nouvelles opportunités pour les entreprises belges, estime la FEB.
La FEB salue l'accord commercial conclu entre l'Union européenne et l'Australie
L'Australie et l'Union européenne ont signé ce mardi dans la capitale australienne Canberra un vaste accord de libre-échange, conclu au terme d'années de négociations pour stimuler le commerce bilatéral. L'UE s'attend à augmenter ses exportations vers l'Australie d'un tiers au cours de la prochaine décennie, avec une hausse de 50% dans les secteurs des produits laitiers et de l'automobile.
La Fédération des entreprises de Belgique décrit cet accord comme "un choix logique" car l'Australie compte parmi les fournisseurs de matières premières et d'énergie "les plus fiables au monde", alors que l'UE est en tête en matière d'exportation de produits industriels et technologiques de haute qualité.
L'organisation patronale considère que l'accord offre plus qu'un simple accès au marché australien à la Belgique, mais qu'il s'agit d'un "instrument crucial pour approfondir les relations économiques entre les deux pays". "Pour les entreprises belges, cet accord représente des opportunités concrètes : moins de barrières commerciales, un meilleur accès aux matières premières critiques et un cadre réglementaire stable avec un partenaire qui respecte ses engagements. C'est précisément ce dont les entrepreneurs ont besoin en ces temps turbulents", commente Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB. La Fédération demande une ratification rapide de cet accord.
Les entreprises de l'UE ont exporté 37 milliards d'euros de marchandises vers l'Australie l'année dernière, et 31 milliards d'euros de services en 2024.
La même année, la Belgique a exporté pour 2,4 milliards d'euros de marchandises vers l'Australie, principalement des produits pharmaceutiques, des machines et des préparations alimentaires spécialisées. Les importations en provenance de l'Australie s'élevaient à 1,3 milliard d'euros et étaient surtout constituées de produits minéraux, végétaux et chimiques.
L'accord suscite aussi des critiques
Cet accord est attendu depuis longtemps. Il y a deux ans, les négociations étaient au point mort. L'Australie souhaitait un meilleur accès au marché de la viande rouge, et des plaintes ont été formulées concernant les droits d'appellation de certains produits. Les produits australiens portent des étiquettes avec des noms européens, notamment le prosecco, la feta et le gruyère.
L'accord a déjà suscité des critiques en Australie de la part de la Fédération nationale des agriculteurs et du Parti national dirigé par Matt Canavan. Ce dernier le qualifie de "pire accord commercial jamais conclu" en raison des quotas d'exportation de bœuf. L'Australie est autorisée à exporter 35.000 tonnes de bœuf. "Mais si l'on lit les petites lignes, on constate qu'il s'agit de 35.000 tonnes de poids carcasse. Ce n'est pas un progrès", déclarait Canavan. Les agriculteurs avaient demandé 50.000 tonnes.
Concernant les droits d'appellation des produits, un compromis a été trouvé : le terme "prosecco" peut être conservé pour le marché intérieur, mais devra disparaître pour l'exportation d'ici 10 ans. De plus, les producteurs australiens dont les fromages sont destinés au marché australien devront abandonner les appellations telles que "feta" et "gruyère".
