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Le procureur du Roi Jumien Moinil, sur le plateau de Terzake, vendredi 20 mars

Le procureur du Roi Julien Moinil dénonce l'inaction du gouvernement : "101 fusillades, mais je n'ai reçu aucun renfort"

"Je suis chargé de lutter contre la criminalité, mais depuis ma prise de fonctions, je n'ai reçu aucun renfort". C'est ce que déclarait vendredi soir dernier le procureur du Roi Julien Moinil sur le plateau de l’émission Terzake de la VRT, à laquelle il accordait sa première interview en néerlandais. Il y revenait sur sa première année à la tête du parquet de Bruxelles et sur sa politique intransigeante, couronnée de succès, contre les trafiquants de drogue. Mais sa principale déception est de n’avoir toujours pas reçu de personnel supplémentaire pour la tâche complexe et lourde qui lui incombe. "Le gouvernement ne doit pas attendre qu'un magistrat soit abattu", mettait en garde Julien Moinil, qui bénéficie depuis des mois d’une protection rapprochée suite à des menaces à son encontre.

Anne François
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Depuis le 9 janvier 2025, Julien Moinil est le nouveau procureur du Roi de Bruxelles. Dans ses nouvelles fonctions, il s'est donné comme priorité de mettre fin aux violences liées au trafic de drogue dans la capitale. Cette politique a engendré "l'effet Moinil", avec deux fois plus de mandats d'arrêt interpellés à Bruxelles l'an dernier que l'année précédente.

Sur le plateau de l’émission Terzake, il revenait vendredi soir sur sa première année en tant que procureur. "Un défi passionnant et complexe", confiait-il. "Ce n'est pas facile non plus sur le plan humain." Son approche intransigeante n'a pas échappé aux organisations criminelles, ce qui lui a valu d'être placé sous le régime de la menace maximale.

Interrogé sur d'éventuelles menaces dont il fait toujours l'objet, il préfère ne pas s'exprimer. "Mais cela fait partie de mon travail. Je ne reçois aucun compliment de la part des criminels." Selon Julien Moinil, d'autres magistrats sont également menacés. Il appelle donc les responsables politiques à renforcer leur sécurité. "Le gouvernement ne doit pas attendre qu'un magistrat soit abattu pour nous accorder sa protection".

Un milliard d'euros supplémentaire

Ce n'est pas le seul appel que le procureur lance au gouvernement fédéral. Si davantage de personnes sont arrêtées, le travail de Moinil restera vain si la justice ne peut mener les poursuites à leur terme. "Le gouvernement prétend toujours vouloir la sécurité des citoyens, mais nous ne recevons aucun moyen. J'ai lu que la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, avait reçu un milliard d'euros supplémentaires, mais nous n'en avons pas encore vu la couleur."

Est-il déçu par le gouvernement ? "Oui. Je n'ai reçu aucun moyen supplémentaire depuis ma prise de fonctions. Je dois lutter contre la criminalité, mais la Police judiciaire fédérale manque de moyens pour enquêter sur les organisations criminelles les plus importantes."

"J'ai cartographié ces organisations, mais je ne peux pas lancer d'enquêtes faute de personnel. Ce n'est pas normal." Et seuls les trafiquants de drogue en profitent. "Ils gagnent en puissance. Il manque certainement une centaine de policiers à la Police judiciaire fédérale de Bruxelles."

"Une réaction pour les citoyens"

Moinil demande donc au gouvernement fédéral d’investir aussi dans la justice. "Hier soir, il y a eu trois fusillades (à Anderlecht). Que suis-je censé faire des auteurs ? Les relâcher sous prétexte de surpopulation carcérale ? Que suis-je censé faire d’un jeune qui a commis un vol à main armée ? Le relâcher faute de place en centre de détention pour mineurs ? C’est irresponsable. Il appartient aux responsables politiques de fournir des ressources concrètes."

Le procureur du Roi de Bruxelles souhaite avant tout donner un plus grand sentiment de sécurité aux citoyens. "Chaque jour, nous voyons des victimes. Elles n’ont rien demandé, mais elles subissent les conséquences des vols, des balles dans leurs fenêtres et dans les chambres de leurs enfants."

"Nous devons réagir, pour le bien des citoyens. Ils méritent un système judiciaire qui fonctionne. Qui peut vivre avec des trafiquants dans sa rue ? C’est tout simplement inacceptable", concluait Julien Moinil.

REGARDER
Terzake: l'interview complète de Julien Moinil (en néerlandais)

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