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Le ministre flamand de l'Energie, Hans Bonte

Le gouvernement flamand se réunit pour discuter de mesures à prendre face à la hausse des prix de l'énergie

Le gouvernement flamand se réunira ce lundi soir en comité restreint ("kern") pour envisager des mesures à adopter afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages flamands et réduire aussi la facture d’énergie des entreprises alors qu’une crise énergétique se profile en raison du conflit au Moyen-Orient. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l'Énergie Hans Bonte, au micro de l'émission De Ochtend de la VRT-radio.

Anne François Belga
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Hans Bonte (Vooruit) évoque notamment l'idée d'enlever le coût des certificats verts de la facture d'électricité, ce qui permettrait aux ménages d'économiser entre 45 et 50 euros par an. "50 euros, ce n'est peut-être pas une grosse somme, mais chaque geste compte. Nous suivons de très près l'évolution de la situation, jour après jour, voire heure par heure. Nous savons que ces prix de l'énergie inquiètent beaucoup les particuliers et les entreprises, et nous souhaitons donc discuter des solutions que le gouvernement flamand peut leur apporter", expliquait le ministre flamand.

Le gouvernement régional devrait toutefois trouver environ 200 millions d'euros pour compenser cette mesure.

Le ministre a également rappelé que les ménages qui sont passés à l'électrification lors de la crise de 2022 payaient désormais environ 1.000 euros de moins par an. "Cela signifie que nous devons redoubler d'efforts avec notre plan pour les pompes à chaleur et soutenir davantage les ménages qui améliorent leur logement" au niveau énergétique.

Selon Hans Bonte, le gouvernement flamand doit également examiner comment les ménages et les entreprises peuvent "se libérer plus rapidement des combustibles fossiles" et passer à l'électrification. "Nous devons investir davantage dans le renforcement de nos réseaux", a-t-il plaidé. Cela nécessite, selon lui, un investissement total de 1,5 milliard d'euros.

Collaboration avec le gouvernement fédéral

Une coopération rapide et efficace avec le gouvernement fédéral est essentielle dans ce dossier. "Je suis déjà en contact avec le ministre fédéral de l'Énergie, Mathieu Bihet. Nous devons trouver rapidement un terrain d'entente et, surtout, nous préparer à une éventuelle aggravation de la situation."

Le ministre régional compte donc sur des mesures fédérales pour s'attaquer à ces problèmes. Parmi celles-ci figurent notamment les accises et le mécanisme dit du cliquet inversé. Un groupe de travail fédéral se réunira mardi.

Hans Bonte estime toutefois qu'il ne faut pas céder à la panique. "C'est la dernière chose dont nous avons besoin. J'espère que nous pourrons présenter une proposition au groupe de travail fédéral demain. En attendant, soyez économes et surveillez votre facture d'énergie."

Voka réclame un gel général des indexations

L'organisation patronale flamande Voka demande au gouvernement fédéral de mettre en place un gel général des indexations. Cette mesure permettrait de réduire l'indexation des salaires. Le conflit au Moyen-Orient entraîne en effet une forte hausse des prix de l'énergie, ce qui signifie que l'inflation sera plus élevée que prévu. Voka craint que les entreprises n'en supportent le coût, car les salaires sont automatiquement indexés sur l'inflation. Les salaires sont ajustés à l'augmentation du coût de la vie et les entreprises constatent une hausse de leurs charges salariales. "Pour certaines entreprises et certains secteurs, ce serait un choc de trop", affirment-elles.

Il faudrait, selon un plaidoyer du Voka dans le quotidien Het Laatste Nieuws, procéder à un nouveau saut d'index, dans le cadre duquel les salaires seraient indexés à un taux inférieur à la normale. L'organisation patronale flamande demande au gouvernement fédéral de préparer un tel saut d'index, comme en 2015.

Concrètement, Voka demande que la première augmentation de salaire de 2 % ne soit pas appliquée lors de la prochaine indexation. "C'est essentiel pour donner un peu de répit aux entreprises en ces temps extrêmement difficiles", déclarait Frank Beckx, directeur général de l’organisation patronale.

Deux partis flamands du gouvernement fédéral, Vooruit et le CD&V, ont immédiatement rejeté cette idée. Pour le président des socialistes flamands, Conner Rousseau, l'indexation est "la meilleure protection contre les prix élevés de Trump et Poutine". Pour son collègue chrétien-démocrate, Sammy Mahdi, "retirer de l'argent aux retraités et aux actifs pour en faire cadeau aux entreprises, alors que le coût de la main-d'œuvre en Belgique n'est pas plus élevé que dans les pays voisins" serait "complètement déconnecté" de la réalité.

La FEB plaide pour une "approche multiple"

Alors que le débat sur l'indexation a été relancé par le Voka, qui a plaidé pour un saut d'index, la FEB souligne de son côté que le problème de la flambée des prix de l’énergie est d'une telle ampleur qu'il ne peut être résolu par "une solution miracle unique". La fédération se dit partisane d'une approche combinée, incluant notamment une norme énergétique, des "mécanismes d'indexation adaptés" ou encore le système d'échange de quotas d'émission (ETS).

"Le choc énergétique se muera-t-il en choc de compétitivité ? Poser la question, c'est y répondre", avertit par ailleurs l'organisation patronale. Pour la FEB, il n’est pas envisageable de "répercuter simplement sur les entreprises les coûts du pic énergétique soudain". Elle assure toutefois qu'il existe bel et bien "différentes alternatives" pour absorber ce choc de compétitivité à venir et ses conséquences négatives.

Afin d'y parvenir, la fédération patronale appelle à l'instauration d'un "dialogue structuré et rapide" avec l'ensemble des partenaires concernés. "Ce n'est qu'ainsi que des solutions efficaces pourront être trouvées. Ne rien faire n'est désormais plus une option", conclut-elle.

Le nouveau président de la FEB, Jan Vander Stichele

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