Un grand nombre de trottinettes électriques vendues en Belgique ne respectent pas la réglementation en vigueur. C'est ce qui ressort de contrôles récents menés par le service public fédéral Économie à la demande du ministre de la Protection des consommateurs, Rob Beenders. Ce dernier a annoncé que les produits non conformes ont été retirés de la vente.
Beaucoup de trottinettes électriques ne sont pas conformes, le ministre Beenders les a retirées de la vente
En 2025, le nombre d'accidents corporels impliquant des trottinettes électriques a augmenté de 33,7 %, soit 2.453 accidents. Le nombre d'accidents mortels impliquant des trottinettes électriques a également connu une hausse significative, passant de 4 à 13.
A la demande du ministre fédéral Rob Beenders, une enquête a été ouverte sur les trottinettes vendues dans notre pays. "Je souhaite m'attaquer au problème de la sécurité des trottinettes électriques à la source, c'est-à-dire au niveau des points de vente. Moins il y aura de trottinettes électriques dangereuses en circulation, plus la route sera sûre pour les usagers."
Seuls 5 modèles conformes
Sur les quarante modèles de trottinettes électriques contrôlés, seuls cinq étaient entièrement conformes. La moitié des trottinettes contrôlées étaient vendues en ligne et l'autre moitié dans des magasins physiques. Seules trois des trottinettes vendues en ligne étaient conformes à la législation belge, et deux dans les magasins physiques.
Les problèmes constatés sont variés. Ainsi, des informations importantes telles que les coordonnées du fabricant ou de l'importateur font souvent défaut, les avertissements et les consignes de sécurité ne sont pas disponibles dans la bonne langue, le marquage CE indiquant qu'un produit est sûr d’après les règles européennes est absent, les instructions d'utilisation sécurisée sont inexistantes ou peu claires, et la déclaration obligatoire attestant que le produit est conforme aux règles européennes est souvent absente ou incomplète.
"Il ne s'agit pas de détails insignifiants", réagit le ministre Beenders (photo). "Ce sont des règles de base qui garantissent que les gens puissent utiliser un produit en toute sécurité." Il a donc décidé de retirer de la vente tous les produits non conformes découverts lors des contrôles.
Les dossiers relatifs aux contrôles effectués dans les magasins feront l'objet d'un examen approfondi, et des mesures supplémentaires pourraient être prises. Par ailleurs, des tests techniques seront également réalisés cette année sur les trottinettes électriques.
"Ce n'est qu'un début", affirme Rob Beenders. "Nous continuerons à contrôler et nous interviendrons avec fermeté si nécessaire. Je vais bientôt annoncer, avec mes collègues les ministres Clarinval (de l'Économie) et Crucke (de la Mobilité), un plan d'action concernant les trottinettes électriques afin de pouvoir résoudre plus rapidement le problème de sécurité."
La nouvelle trottinette "Mia Four" aussi inspectée
À la demande du ministre Beenders, une enquête a également été ouverte sur la trottinette "Mia Four". Il s’agit d’un engin électrique particulier à 2 ou même 4 roues motrices, mais qui suscite encore de nombreuses incertitudes, notamment quant à sa vitesse maximale. D’après le site web du fabricant, la trottinette peut atteindre une vitesse de pointe supérieure à 70 kilomètres par heure. Or, la vitesse maximale autorisée aux États-Unis est de 40 kilomètres par heure, contre 25 kilomètres par heure en Belgique.
"Nous constatons que de nombreuses questions subsistent concernant ce type de trottinette électrique", souligne Rob Beenders. "Et ce qui n’est pas clair peut s’avérer dangereux." L’Inspection économique vise, par cette enquête, à déterminer si ces trottinettes électriques sont conformes à la réglementation belge en matière de sécurité. "Nous voulons savoir : la vente de ce produit est-elle autorisée et est-il suffisamment sûr pour les utilisateurs ? Dans le cas contraire, nous retirerons également ces types de trottinettes électriques du marché. Ce n'est pas parce qu'une trottinette électrique a quatre roues, par exemple, qu'elle peut être vendue comme étant ‘sûre’", estime le ministre responsable de la Protection des consommateurs.

