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Le nombre de castors a nettement augmenté ces dernières années en province anversoise,, mais aussi dans le Limbourg et en Brabant flamand.

En province d'Anvers, les agriculteurs réclament des mesures urgentes pour contenir les castors qui inondent leurs champs

Le syndicat des agriculteurs Boerenbond demande à l’administration provinciale anversoise de prendre d’urgence de nouvelles mesures en vue d’une meilleure cohabitation avec les castors. Les barrages de ces rongeurs semi-aquatiques provoquent des inondations des champs dans de nombreuses communes, empêchant les agriculteurs de travailler leurs parcelles alors que le printemps a débuté. Le castor étant une espèce protégée, une approche douce et règlementée s’impose. La destruction des barrages est souvent illégale et d’ailleurs inefficace, ls castors reconstruisant rapidement. "Nous faisons ce que nous pouvons dans le cadre légal actuel, mais nous nous heurtons de plus en plus aux limites de ce système", expliquait Jan De Haes, député provincial, à Radio 2.

Anne François
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Le syndicat des agriculteurs tire la sonnette d’alarme face aux nombreuses inondations de champs causées par les barrages construits par une population grandissante de castors dans la province d'Anvers. Selon Iris Janssens, consultante régionale au Boerenbond, ces inondations représentent un problème majeur à cette période de l’année "car les travaux agricoles de printemps commencent normalement maintenant."

D'après le Boerenbond, de plus en plus de communes anversoises sont confrontées à ce problème en raison de la prolifération des castors : "Nous avons actuellement plusieurs inondations, notamment à Arendonk, Mol et Lille. Plusieurs hectares sont sous les eaux." Des agriculteurs de Geel, Kasterlee, Grobbendonk, Vorselaar et Zandhoven subissent également des dégâts.

L’érosion des berges peut engendrer des situations dangereuses pour les agriculteurs.

Iris Janssens, consultante régionale au Boerenbond

Selon Iris Janssens, les inondations ne sont pas le seul problème engendré par les castors: "Nous constatons de plus en plus fréquemment des dégâts causés par l’érosion des berges. Cela crée régulièrement des situations dangereuses. L’érosion se situe parfois à plusieurs mètres de la berge. Lorsque les agriculteurs circulent avec leurs machines, ils risquent de voir leurs véhicules agricoles s’enfoncer."

Il n’y a d’ailleurs pas que dans la province anversoise que les castors inquiètent les agriculteurs. En provinces du Limbourg et du Brabant flamand, ils constatent que la population de ces rongeurs a quintuplé en l’espace de 10 ans. "Je reçois tous les jours des appels d’agriculteurs qui ne savent plus que faire", confirme Iris Janssens.

Une espèce protégée

La requête du Boerenbond est claire : "Nous demandons aux gestionnaires des cours d’eau de prendre leurs responsabilités et de veiller à ce que les agriculteurs puissent à nouveau accéder à leurs parcelles au plus vite. Le temps presse."

Mais la province d’Anvers, responsable de la gestion de nombreux cours d’eau, doit elle aussi respecter des règles strictes. "Le castor est une espèce protégée. Cela signifie qu’en tant que gestionnaires des cours d’eau, nous ne pouvons intervenir que lorsque la sécurité publique est menacée ou pour prévenir des dommages importants", expliquait le député Jan De Haes.

"De plus, dans certaines zones, l’autorisation de l’Agence pour la nature et les forêts (ANB) est requise systématiquement. La capture ou la relocalisation des animaux ne peut être effectuée que par l’ANB elle-même", ajoutait De Haes. "Nous faisons ce qui est possible dans le cadre actuel, mais nous nous heurtons de plus en plus aux limites du système."

Un barrage de castor

Une politique adaptée

"Le castor est une espèce protégée, mais la croissance constante de sa population engendre de nouveaux défis dans certaines régions, notamment pour les gestionnaires de l'eau et les agriculteurs", confirme le ministre flamand de l'Environnement et de l'Agriculture, Jo Brouns.

"C'est pourquoi, par l'intermédiaire de l'Agence pour la nature et les forêts, nous travaillons sur des zones centrales où le castor disposera d'espace, et sur des zones spécifiques où les interventions pourront être plus rapides et plus ciblées. Cette politique doit notamment garantir la maîtrise des coûts de gestion."

Les barrages de castors provoquent également des inondations à Arendonk

Coûts de gestion et biodiversité

La province d'Anvers souligne que la réduction de ces coûts de gestion serait une bonne chose. Ces frais ont en effet augmenté de façon significative ces dernières années : "Le coût des interventions a quintuplé depuis 2021 pour atteindre plus de 100.000 euros en 2025."

Le député Jan De Haes reconnait néanmoins que la présence du castor est également un atout. "En soi, l'arrivée du castor est un signe positif pour la biodiversité." Le ministre Brouns abonde en ce sens : "Le castor a toute sa place dans notre environnement naturel, nous devons la respecter. Un juste équilibre est nécessaire."

L'agriculteur Dirk Vermeiren sur son champ inondé

C’est ce qu’affirme aussi l’agriculteur anversois Dirk Vermeiren (reportage ci-dessous). Il est habitué à voir son champ - situé en zone inondable - sous eau plusieurs jours de l’année. Mais la présence d’un barrage construit par un castor sur le cours d’eau voisin a maintenant inondé son champ pendant tout l’été. Or, il devrait y planter du maïs entre le 20 et le 25 avril, ce qui semble actuellement impossible. Le niveau de l’eau dans le sol est encore beaucoup trop élevé.

"Je voudrais que l’on puisse trouver un moyen de meilleure cohabitation avec les castors, pour qu’ils puissent rester et que je puisse aller voir leurs barrages et les voir courir librement dans la nature de temps en temps, sans devoir m’énerver tous les jours face aux dégâts qu’ils occasionnent sur mon champs", résume Dirk Vermeiren.

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Plus de castors, plus de champs inondés : "Les agriculteurs ne savent plus quoi faire"

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