Ce jeudi en fin de soirée, à l’issue du sommet européen à Bruxelles, le Premier ministre Bart De Wever n’avait pris aucun engagement ni annoncé aucune intention concernant la demande du Royaume-Uni à la Belgique de participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz. "Ce sera au 'kern' d'y regarder", a-t-il indiqué en renvoyant au comité ministériel restreint du gouvernement fédéral programmé ce vendredi. Ce dernier a finalement décidé que la Belgique serait prête à participer à l'opération initiée par six pays en vue de sécuriser le détroit d'Ormuz si deux conditions sont remplies: un cessez-le-feu durable et une mission au cadre international clair, comparable à celui des opérations Aspides et Atalanta.
La Belgique prête à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz après un cessez-le-feu et dans un cadre international
Six pays se sont en effet dit prêts jeudi à participer à une opération de sécurisation de ce détroit par lequel passe une grande partie du transport mondial de pétrole et de gaz: l'Allemagne, la France, l'Italie, le Japon, les Pays-Bas ainsi que le Royaume-Uni qui a adressé la demande à la Belgique.
"La Belgique prend acte de la déclaration des six pays concernant la sécurisation du détroit d'Ormuz et est disposée à y participer dès qu'un cessez-le-feu durable aura été instauré et qu'une mission s'inscrira dans un cadre international clair, à l'instar de la participation belge aux opérations Aspides et Atalanta. Le gouvernement prendra alors une décision en tenant compte de tous les éléments", a-t-il indiqué à l’issue du kern.
Les conditions belges sont comparables aux préalables émis par d'autres pays. L'Allemagne a conditionné son implication à l'instauration d'un cessez-le-feu, à l'obtention d'un mandat international et au feu vert de son parlement. L'Italie refuse toute "mission de guerre" et exige une trêve, ainsi qu'une initiative multilatérale, avant d'envisager une entrée dans le détroit. La France a exclu toute opération de sécurisation dans le contexte de bombardements actuel.
La Belgique a également été sollicitée par trois pays de la région - l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Oman - pour leur apporter un soutien militaire défensif face aux attaques iraniennes qu'ils subissent. Le gouvernement fédéral est cependant divisé sur la question: le parti socialiste flamand Vooruit et les démocrates-chrétiens flamands du CD&V y sont opposés, par crainte que la Belgique soit aspirée dans le conflit, alors que la N-VA nationaliste et les partis francophones MR et les Engagés y sont favorables.
La question n'est toujours pas tranchée. Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, "prendra l'initiative de mobiliser le réseau diplomatique belge" en faveur des pays du Golfe qui ont sollicité la Belgique ainsi que du Liban, "afin d'analyser les besoins d'assistance de toute nature à court et moyen terme et faire rapport au gouvernement qui prendra attitude", a fait savoir son cabinet.
