Le centre de recherche Imec, spécialisé en nanotechnologie et basé à Louvain en Brabant flamand, a lancé mercredi l'installation dans ses locaux de la machine de lithographie "la plus avancée au monde". Il s'agit d'un appareil dit "High NA-EUV" du fabricant néerlandais de machines pour l'industrie de semi-conducteurs ASML, qui doit permettre l'impression de circuits intégrés sur des micropuces encore plus petites et plus puissantes. L’appareil pèse 150 tonnes et aura la taille d’un autobus, une fois assemblé dans le "cleanroom" d’Imec.
A Louvain, Imec installe une nouvelle technologie de pointe pour les puces électroniques
Selon l'Imec, cette nouvelle installation constitue une étape importante vers ce qu'on appelle l'ère d'Ångström, durant laquelle les structures des puces devraient devenir dix fois plus petites qu’à l’heure actuelle. Cette miniaturisation croissante est essentielle pour soutenir les futures applications de l'intelligence artificielle.
"Aujourd'hui, nous ne nous contentons pas d'installer un simple appareil, nous ouvrons un nouveau chapitre de la révolution numérique", a souligné le CEO d'Imec Luc Van den hove. L'appareil, qui est à peu près aussi grand qu'un bus et pèse 150 tonnes, est transporté en plusieurs parties jusqu'à Louvain. Il permettra d'imprimer des circuits intégrés ultrafins sur des puces en silicium plus petites, permettant à ces puces de contenir une plus grande puissance de calcul.
"Les puces les plus sophistiquées actuellement - je pense aux puces Nvidia - représentent 200 milliards de transistors. Il faut donc les rendre super-petits pour pouvoir les placer sur une puce. Nous parlons d’interrupteurs d’une taille d’un ou 2 nanomètres. Un nanomètre est un millionième d’un millimètre", précisait Luc Van den hove à VRT NWS.
"Cette nouvelle machine permettra donc de rendre les appareils mobiles contenant des puces plus rapides et moins énergivores", précisait Peter Vanoppen de l’entreprise ASML.
Un contrepoids face à Taiwan et aux Etats-Unis
Louvain est le premier site en Europe où une telle machine dite "High NA-EUV" est intégrée dans une ligne de production. Imec fortifie ainsi sa position dans le paysage de l’industrie des puces dans le monde et fait contrepoids à la domination actuelle de Taiwan et des Etats-Unis dans ce secteur.
"Plus de 90% des puces les plus avancées sont actuellement fabriquées à Taiwan. Mais ils ne peuvent y produire de puces sans cette nouvelle technologie européenne", concluait Luc Van den hove. Ce projet s'inscrit dans le cadre d'une collaboration entre Imec et l’entreprise néerlandaise ASML et bénéfice du soutien des gouvernements flamand et néerlandais, ainsi que de programmes européens.
Le lancement de l'installation s'est déroulé en présence du CEO d'Imec Luc Van den hove, de l'ancien dirigeant d'ASML Martin van den Brink et du ministre-président flamand Matthias Diependaele.

