Aller au contenu principal
L’industrie pétrochimique dans le port d’Anvers, vue ici depuis les Pays-Bas. La remise en service de deux installations pourrait en partie expliquer la hausse des émissions.

La Belgique voit ses émissions repartir à la hausse en 2024, tirées par l’industrie flamande et le transport routier

Les émissions de gaz à effet de serre de la Belgique ont légèrement augmenté en 2024, une première depuis l'année 2021 due à certains secteurs industriels en Flandre et celui du transport routier. C'est ce qui ressort de l'inventaire belge des gaz à effet de serre transmis par notre pays à la Commission européenne.

Eric Steffens Belga
Publié:

En 2024 (année la plus récente dont les chiffres disponibles sont complets), les émissions totales de gaz à effet de serre en Belgique (hors secteur de l'utilisation des terres et des forêts, dits LULUCF) ont atteint 98,012 millions de tonnes d'équivalent CO2, ce qui représente une légère hausse de 0,20% par rapport à 2023. Cette année-là, les émissions avaient reculé de 4,69% par rapport à 2022.

L'augmentation des émissions de gaz à effet de serre constatée en 2024 est donc la première depuis 2021, une année qui avait été marquée par la reprise de l'activité à la suite des confinements de 2020, durant la pandémie de Covid-19.

La hausse, quoique légère, est imputable à certains secteurs industriels au nord du pays (métal, chimie et raffineries) dont l'augmentation des émissions en 2024 n'a pas pu être compensée par la baisse constatée en Wallonie dans ces mêmes secteurs.

Les forêts belges absorbent moins de carbone

En tenant compte du secteur de l'utilisation des terres et des forêts (LULUCF), les émissions de gaz à effet de serre sont restées stables en 2024 par rapport à 2023 (-0,03%) mais les forêts belges jouent de moins en moins bien leur rôle de puits de carbone et risquent même à terme de devenir émettrices de carbone. La question qui se pose est de savoir si l'année 2024 marque un plancher temporaire ou si les émissions de gaz à effet de serre ont repris leur tendance à la baisse en 2025.

Depuis 1990, les émissions belges de gaz à effet de serre ont reculé de 32,6%. Si la diminution est sensible, le rythme actuel n'est pas assez rapide pour atteindre les objectifs de notre pays, dont une réduction de 47% des émissions de gaz dans les secteurs non-ETS (transport, bâtiments, agriculture, déchets, etc.) pour 2030 par rapport à 2005.

Depuis 1990, les émissions de gaz à effet de serre ont reculé en moyenne d'1,9 million de tonnes d'équivalent C02 par an mais c'est à une vitesse deux fois plus rapide qu'elles doivent diminuer pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Quant aux objectifs pour 2030, ils sont toujours atteignables mais cela nécessitera "des mesures supplémentaires et renforcées", estiment les experts belges.

Le secteur du transport routier responsable d’un quart des émissions

Le secteur du transport apparaît comme le mauvais élève: il représente à lui seul un quart (25,4%) des émissions de gaz à effet de serre de la Belgique et est le seul secteur à avoir vu ses émissions fortement augmenter depuis 1990 (+19%). La faute notamment au transport routier qui tarde à s'électrifier et à la lenteur du transfert modal vers des modes de déplacements plus verts.

Le principal gaz à effet de serre en Belgique est le dioxyde de carbone (CO2), qui représentait 87,42% des émissions en 2024, devant le méthane (7,1%), le protoxyde d'azote (3,79%) et les gaz fluorés (1,8%).

Par rapport à 1990, les émissions de CO2 ont baissé de 29% en Belgique et celles de méthane de plus de 46%, principalement du fait de la diminution de la mise en décharges des déchets. L'agriculture (élevage et utilisation des engrais), qui est autre source importante d'émissions de méthane, a dans une moindre mesure contribué à cette diminution.

Le méthane a un pouvoir de réchauffement qui est plus de 80 fois supérieur, sur 20 ans, à celui du CO2. En revanche, sa durée de vie dans l'atmosphère est beaucoup plus courte (quelques années contre des siècles pour le CO2). On estime que le méthane est responsable d'environ 30% du réchauffement mondial d'origine humaine.

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5