La détection de la présence d'un loup dans la région d'Elst inquiète les éleveurs locaux et la commune de Brakel (Flandre orientale). Peter Vanderstuyf, échevin à l'Agriculture et au Bien-être animal, craint que la région ne soit pas préparée à l'arrivée de ce prédateur. Samedi, un loup a été aperçu dans les Ardennes flamandes pour la troisième fois en neuf ans. Ce mardi, on apprenait que trois moutons ont été tués à Brakel. Les analyses d'ADN sont en cours, mais il semble très possible que les animaux aient été attaqués par un loup.
Un loup a été aperçu dans les Ardennes flamandes : Brakel craint pour la sécurité de ses chèvres et moutons
L'association Welkom Wolf (Bienvenue Loup en français) conseille aux éleveurs de moutons, de chèvres et d'alpagas de rentrer leurs animaux à l'abri pendant la nuit. L'échevin Vanderstuyf souligne cependant que la mise en œuvre de cette mesure s'avère complexe.
"La réglementation actuelle autorise des abris d'une superficie maximale de 40 mètres carrés, dont un côté doit rester ouvert", explique-t-il. "Pour de nombreux éleveurs amateurs, il est quasiment impossible de déplacer chaque soir leur bétail du pâturage vers une étable fermée près de leur domicile."
L'échevin, qui possède lui-même huit moutons et agneaux, souligne que le petit bétail est une proie facile. Bien que les chevreuils soient nombreux dans la région, ils sont plus agiles et plus rapides que les moutons.
Les éleveurs espèrent voir l’animal migrer vers la Wallonie
Bien que le loup soit officiellement protégé en Flandre et que sa chasse y soit interdite, la commune espère qu'il ne s'installera pas durablement dans la région. "La Flandre, et Brakel en particulier, est une région très densément peuplée", explique Peter Vanderstuyf. "Je pense que le loup est en reconnaissance et finira par se diriger vers le sud, en direction de la Wallonie, où les espaces sont plus vastes et moins urbanisés."
L'échevin souligne qu'il suit la situation de près, mais que les ressources de la commune sont limitées. Si le loup venait à s'installer définitivement dans la région, les éleveurs seraient contraints de prendre eux-mêmes des mesures préventives. Ils pourraient par exemple installer des clôtures anti-loups électrifiées, même si cela représente un coût important pour les propriétaires de grandes exploitations.
Trois moutons tués : premières victimes du loup ?
Ce mardi après-midi, on apprenait néanmoins que trois moutons ont été tués (photos) à proximité de l’endroit où le loup a été filmé samedi soir. L'Agence pour la Nature et les Forêts soupçonne que l'attaque a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche. L'heure, le lieu et la nature des morsures au cou laissent fortement penser à un loup, bien que les analyses d’ADN n'aient pas encore permis de le confirmer.
La bourgmestre de Brakel, Marleen Gyselinck, confirme qu'un prélèvement d'ADN a été effectué sur les animaux morts. Bien que de nombreux indices pointent vers le loup, les résultats des analyses en laboratoire sont attendus. En attendant, les éleveurs locaux sont invités à rester vigilants.
L'Agence pour la Nature et les Forêts estime qu'il est fort probable que le loup soit un animal errant et ne provienne pas d'une meute du Limbourg. Il est possible qu'il soit déjà parti, mais l'agence conseille néanmoins aux habitants de la région de garder leurs moutons et chèvres à l'intérieur pour le moment.
