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Sécurité renforcée dans le quartier Nord : les travailleuses du sexe pointent les conséquences sur leurs revenus

Les travailleuses du sexe de la rue d'Aerschot risquent de perdre une grande partie de leurs revenus en raison du nouveau plan de sécurité visant le quartier Nord, c'est ce qu'a dénoncé lundi l'Union des travailleurs et travailleuses du sexe belges Utsopi après la décision des bourgmestres de Schaerbeek et de Saint-Josse-ten-Noode de fermer tous les cafés et commerces dans le quartier Nord de Bruxelles à partir de 1 heure du matin.

Eric Steffens Belga
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Les bourgmestres de Schaerbeek Martin de Brabant (MR et de Saint-Josse-ten-Noode Emir Kir (LB) ont annoncé ce lundi la fermeture des commerces du quartier Brabant et du Quartier Nord, à proximité de la gare du Nord, entre 01h00 et 06h00 du matin. Cette mesure vise à répondre à une situation sécuritaire jugée préoccupante dans le quartier, marqué notamment par du trafic et de la consommation de drogue, dont du crack et de l'héroïne. Certains commerces seraient également utilisés pour blanchir l'argent du trafic de stupéfiants.

"Étant donné l'aggravation des problèmes de sécurité qui se posent dans le Quartier Nord, nous ne pouvions pas rester passifs. Il était grand temps d'agir pour rendre les nuits calmes et apaisées aux habitants", a déclaré Martin de Brabant.

Ces mesures ont été arrêtées dans le cadre de la Task Force Locale réunissant notamment Schaerbeek, Saint-Josse, le parquet de Bruxelles, safe.brussels et la zone de police Bruxelles-Nord. Le Quartier Nord, reconnu comme hotspot régional depuis avril 2024, fait l'objet d'une approche coordonnée à l'échelle communale et régionale.

"Cette mesure pourrait favoriser davantage de prostitution illégale"

La fermeture nocturne concernerait plusieurs cafés et night shops, mais aussi et surtout les établissements de prostitution de la rue d'Aerschot. La décision doit encore être approuvée par les conseils communaux respectifs.

Utsopi s'est dit très critique à l'égard de cette mesure. "Ce plan n'a tenu aucun compte de la réalité des travailleurs et travailleuses du sexe à Bruxelles", a déclaré Daan Bauwens, chargé de plaidoyer au sein de l'Union. "Nous soulignons nous aussi que la situation sécuritaire dans le quartier est dramatique, mais nous ne voyons pas en quoi cette décision va améliorer la sécurité, ni pour les personnes présentes dans la rue, ni pour les travailleurs et travailleuses du sexe."

Selon Daan Bauwens, ces derniers risquent de perdre l'essentiel de leurs revenus. Il estime aussi que la mesure pourrait favoriser davantage de prostitution illégale. "Les travailleurs et travailleuses du sexe ne vont pas cesser de travailler pendant les heures de fermeture des établissements", a-t-il ajouté. "Cela accroît le risque de violences et d'exploitation."

Utsopi a également regretté de ne pas avoir été associée à l'élaboration du plan de sécurité.  

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