D’après le quotidien financier De Tijd, le gouvernement flamand va se mettre à la recherche de quatre sites où installer de petits réacteurs modulaires (Small Modular Reactors - SMR). Ces réacteurs ne sont pas encore disponibles. S'il s'agit donc d'un projet à long terme, "mais il faut bien que quelqu’un se lance", déclarait le ministre-président flamand Matthias Diependaele au micro de l’émission "De Ochtend" (VRT).
Le gouvernement flamand recherche quatre sites pour installer des petits réacteurs nucléaires
Ce mardi, une deuxième réunion de la coalition SMR - rassemblant des industriels, des investisseurs et des représentants des pouvoirs publics - aura lieu au cabinet du ministre-président Matthias Diependaele. Ce dernier veut prendre une longueur d'avance dans le développement de cette nouvelle technologie et positionner ainsi la Flandre comme un pôle d'innovation et de savoir.
Une première réunion et une étude ont permis de dresser la liste de toutes les possibilités et de tous les défis à relever avant que les travaux puissent commencer. La deuxième étape consistera à identifier très concrètement quatre sites potentiels pour l'installation de ces SMR en Flandre. Ces sites devront notamment disposer d'un espace suffisant et se trouver à proximité de grands consommateurs industriels, d'eau de refroidissement et d'infrastructures à haute tension. Il s'agira également de déterminer comment les sites potentiels s'intègrent aux pôles portuaires et industriels existants.
"L’objectif n’est pas d’implanter les SMR à proximité d’une zone PME ou d’une zone résidentielle", déclarait Diependaele au micro de Radio 1. Il souligne que tout est mené en concertation avec le gouvernement fédéral, responsable de l’énergie. Le ministre-président envisage également une coopération internationale avec les Pays-Bas. "Ainsi, nous pourrons mieux répartir les coûts". Diependaele reconnaît qu’il s’agira certainement d’un projet onéreux, surtout au début, mais prévoit une baisse progressive des coûts.
À long terme, les SMR visent à renforcer l’indépendance énergétique de la Flandre, un enjeu crucial. "Face à la hausse des prix de l’énergie, nous sommes à nouveau confrontés à la nécessité d’accroître notre propre production énergétique."
Une liste de sites les plus adéquats
L'objectif est d'établir une "short list" d'au moins quatre sites réalistes. Ceux-ci feront l'objet d'une analyse plus approfondie lors d'une phase ultérieure. Parallèlement, une étude sera menée pour élaborer un premier modèle financier. "Combien cela coûte-t-il ? Comment allons-nous rendre ce projet rentable ? Qui est intéressé à co-investir dans ces petits réacteurs modulaires ?" Autant de questions qui méritent une réponse.
"Nous sommes bien partis : nous avons constitué une alliance, rassemblé l'expertise et tracé les premières grandes lignes. Nous voulons maintenir cette dynamique et la renforcer", a souligné le ministre-président flamand.
"La Commission européenne a récemment annoncé qu'elle souhaitait disposer des premiers SMR opérationnels en Europe d'ici 2030. L'Europe accélère clairement le volet nucléaire de la transition énergétique. L'ambition de réaliser les premiers SMR opérationnels d'ici 2030 montre que cette technologie n'est plus une utopie, mais une priorité", concluait Diependaele. Les experts estiment néanmoins que 2035 ou 2040 sont des échéances plus réalistes.
