Le Royaume-Uni et la Belgique vont collaborer plus étroitement pour lutter contre le trafic d'êtres humains à la côte ouest belge. Le nombre de traversées menées par des migrants à bord de petites embarcations à cet endroit a fortement augmenté ces derniers mois. Des passeurs et des migrants sont interceptés dans la région quotidiennement.
Le Royaume-Uni et la Belgique veulent mieux collaborer contre le trafic d'être humains
Le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) a assisté, jeudi, à une action de contrôle de la police près de La Panne, à Adinkerke, dans le cadre de cette problématique. Le ministre britannique de la Migration, Alex Norris, était également présent. Les deux ministres visent une meilleure entente entre le Royaume-Uni et la Belgique pour s'attaquer au noeud du problème.
"Nous avons déjà une bonne collaboration avec nos collègues britanniques, mais nous voulons renforcer le partage d'informations", explique Bernard Quintin. "Depuis le Brexit, ce partage est devenu plus difficile. Nous devons avoir un cadre légal adapté pour assurer un échange fluide."
Une meilleure collaboration concernant les actions policières est également sur la table. "Il y a aussi une bonne collaboration à ce niveau-là, mais nous voulons l'améliorer. Nous avons déjà des personnes et des ressources du Royaume-Uni, mais nous examinons comment améliorer cette collaboration."
Le gouverneur de Flandre occidentale, qui demande une aide supplémentaire depuis un certain temps, voit le futur d'un bon oeil. "C'est un signal positif que cela se retrouve au sommet de l'agenda politique. La pression sur cette région et les services de police est également élevée", souligne Carl Decaluwé. "Nous avons déjà reçu de l'aide fédérale supplémentaire et j'espère que nous allons pouvoir faciliter une belle collaboration structurelle avec toutes ces parties."
Depuis que la France a renforcé ses contrôles – entre la frontière franco-belge et Dunkerque, avec 1 000 agents surveillant les plages – les passeurs d’êtres humains ont déplacé leur zone d’activité vers la Côte belge. Ils tentent de faire embarquer des migrants dans des bateaux pneumatiques, souvent en partance de Belgique, par exemple depuis le port de plaisance de Nieuwpoort.
Traversée dangereuse en bateau pneumatique
"Ces bateaux pneumatiques longent ensuite la côte et prennent des passagers à plusieurs endroits sur la plage, jusqu’à ce que 80 à 100 personnes soient entassées dans un même bateau, souvent sans gilet de sauvetage", explique le chef de corps Nicholas Paelinck, de la Côte belge.
"Ces bateaux se dirigent ensuite vers Calais avant de prendre le cap vers l’Angleterre. Au cours des dernières semaines, nous avons déjà arrêté 27 passeurs, intercepté 81 migrants et saisi 14 véhicules transportant des bateaux et autres matériels nautiques."
Les passeurs sont déférés au parquet. Un juge d’instruction décidera s’ils seront placés en détention ou non. Les migrants sont détenus administrativement. Cela signifie que la police les emmène au poste, rédige un procès-verbal et prend contact avec l'Office des Étrangers. Si le migrant ne souhaite pas demander l’asile dans notre pays, l'Office des étrangers décide généralement que la police peut le relâcher, avec une ordonnance de quitter le territoire.
Un attaché de liaison sur la côte
"Nous allons apporter notre aide pour tout ce traitement administratif", a annoncé la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA).
"Nous désignons aussi un attaché de liaison de l'Office des Étrangers, ici sur la côte, afin de renforcer la coopération entre la police et de traiter les dossiers plus rapidement."
"Et pour les migrants devant être transférés dans un centre fermé, nous libérerons des places dans le centre fermé de Bruges. Ils y seront retenus dans l’optique d’un retour rapide vers leur pays d’origine."
Concrètement, cela signifie qu’il ne sera plus nécessaire la nuit qu’une équipe de Coxyde se déplace jusqu’au centre fermé de Liège pour y conduire des migrants.
