Quelque 80.000 personnes ont participé ce jeudi à la manifestation nationale contre les mesures du gouvernement fédéral. C'est ce qui ressort du comptage officiel de la police bruxelloise. De son côté, la FGTB avait revendiqué plus de 100.000 participants plus tôt dans la journée. "Maintenir le cap, c'est notre devoir. Ne pas le faire, ce serait une preuve d'égoïsme envers nos enfants et petits enfants", a martelé jeudi le Premier ministre, Bart De Wever (N-VA), à la Chambre.
Quelque 80.000 personnes, selon la police, à la manifestation nationale contre les réformes du gouvernement Arizona
Bert Engelaar, le président de l'ABVV, l'aile flamande du syndicat socialiste, se dit satisfait de la participation à cette manifestation à laquelle, selon lui, 100.000 personnes ont pris part. La police parle, quant à elle, de 80.000 personnes.
Selon le président du syndicat socialiste, le gouvernement dirigé par Bart De Wever devrait retourner le plus rapidement possible à la table des négociations afin de modifier sa politique. Une demande qui, selon lui, est également portée par les milliers de manifestants.
"Ces personnes méritent que le gouvernement se mette autour de la table avec le groupe des Dix (l'organe informel le plus influent de la concertation sociale interprofessionnelle en Belgique, réunissant les principaux syndicats et organisations patronales ndlr.). Selon lui, le gouvernement veut collaborer avec les employeurs, mais pas avec les syndicats".
"Nous continuons à essayer et nous tendons la main au gouvernement. Hier, nous avons de nouveau envoyé une lettre à De Wever avec les syndicats, mais même maintenant il reste silencieux. Pourtant, nous avons des alternatives claires et réalisables aux mesures d’austérité."
Selon Bert Engelaar, c'est particulièrement urgent "dans un contexte de guerre en Iran et de hausse des prix de l’énergie".
Quoi qu’il en soit, Bert Engelaar remercie le ministre des Pensions Jan Jambon (N-VA). "Grâce à ses déclarations sur les femmes, encore plus de monde est descendu dans la rue aujourd’hui." Lundi, présentant sa réforme des pensions, le ministre avait assuré qu’il avait veillé à prendre en compte la situation particulière des femmes, ajoutant que de toute façon, "elles s’adapteront au nouveau système".
De son côté la président du syndicat chrétien flamand ACV, An Vermorgen a dénoncé le fait que les femmes soient touchées de manière disproportionnée par la réforme des pensions du ministre Jan Jambon (N-VA).
La réforme des pensions a surtout des conséquences négatives pour les femmes. "C’est pourquoi la question de la place des femmes est au cœur de la manifestation d’aujourd’hui", explique Ann Vermorgen.
Des échauffourées entre police et manifestants à Arts-Loi
Des images provenant de manifestants montrent une échauffourée dans le quartier Arts-Loi. Les images que nous recevons de la part des manifestants montrent la confrontation entre la police et un groupe d’activistes d’extrême gauche plus tôt cet après-midi à Arts-Loi. Mais la manifestation s'est ensuite poursuivie dans le calme.
Bart De Wever : "Maintenir le cap, c'est notre devoir"
"Maintenir le cap, c'est notre devoir. Ne pas le faire, ce serait une preuve d'égoïsme envers nos enfants et petits enfants", a martelé jeudi le Premier ministre, Bart De Wever, à la Chambre, à l'issue de la manifestation nationale.
Sans surprise, le gouvernement fédéral n'entend pas revenir sur ses réformes dénoncées dans les rues de Bruxelles par une foule nombreuse. "Nous n'avons pas d'autre choix", a assuré M. De Wever qui a rappelé l'objectif des mesures prises depuis la mise en place de la coalition Arizona: récompenser les gens qui travaillent et assainir des finances publiques en mauvais état. "Faire grève ne changera pas la réalité. La seule solution, c'est la création de prospérité, pas sa destruction", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a également affirmé qu'il respectait la concertation sociale et que lui, ou les ministres compétents, avaient déjà rencontré à plusieurs reprises les partenaires sociaux réunis dans le groupe des 10. Une nouvelle invitation leur sera d'ailleurs envoyée.
Les organisations patronales jugent "incompréhensible" la manifestation nationale
La FEB et Unizo ont exprimé jeudi leur incompréhension face à la manifestation nationale contre les réformes du gouvernement fédéral. Les deux organisations patronales ont mis en avant le contexte géopolitique tendu qui pèse sur les entreprises, notamment en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Unizo déplore que les entreprises soient une fois de plus impactées par ces actions. "Nos enquêtes montrent que quatre PME sur dix sont touchées par des actions comme celle d'aujourd'hui, alors qu'à peine 3% de leurs employés sont effectivement en grève (...). Il est inacceptable qu'un groupe de plus en plus restreint paralyse le pays tandis que des milliers d'entreprises et de travailleurs en subissent les conséquences."
Les deux organisations patronales appellent les syndicats à privilégier le dialogue social plutôt que les actions. Unizo regrette encore le fait que le recours à l'action soit devenu presque "une habitude", "sans aucune responsabilité quant aux conséquences". Elle appelle donc à "des règles claires concernant le droit de grève, mais aussi à des garanties pour protéger le droit au travail et à l'activité économique."


