Un jeune en proie à des idées suicidaires peut désormais obtenir de l’aide via une application gratuite flamande et très colorée. "Spark" a été conçue scientifiquement et développée en collaboration avec des professionnels de la santé mentale ainsi qu’avec des jeunes. Les premiers résultats sont encourageants. "Elle contient de nombreux éléments que nous utilisons également en thérapie", déclare un psychologue clinicien.
Spark : l’application flamande gratuite qui apporte une lueur d’espoir aux jeunes ayant des pensées suicidaires
Spark, qui signifie "étincelle" en anglais symbolise l’idée de faire naître une lueur d’espoir, de reprendre du contrôle ou de retrouver de l’énergie positive dans des moments difficiles. Les jeunes peuvent utiliser Spark seuls, mais aussi avec un proche (ami, parent, personne de confiance…) ou un professionnel.
"Comment te sens-tu en ce moment ?" Les jeunes qui ouvrent l'appli Spark sont immédiatement interpellés. À l’aide d’un émoji, ils peuvent indiquer comment ils vont. Des conseils concrets les aident ensuite à avancer : en parler, chercher une distraction, essayer de mener une activité…
L’application est une initiative du Vlaams Expertisecentrum Suïcidepreventie (VLESP) et a été spécialement conçue pour les jeunes confrontés à des pensées suicidaires. Pas moins d’un jeune sur cinq en Flandre déclare avoir déjà envisagé le suicide à plusieurs reprises.
Dans l’application, les jeunes peuvent compléter de nombreuses informations et personnaliser les conseils. Dans la rubrique "Safety Plan", par exemple, ils indiquent vers qui se tourner lorsque la situation devient difficile. Ce Plan de protection personnel" est un outil éprouvé de prévention du passage à l'acte suicidaire.
Toutes les informations et l’aide sont immédiatement disponibles sur leur téléphone, sans qu’ils aient à y penser à chaque fois, car cela ne leur est plus possible dans les situations difficiles.
Gijs Mommerency, psychologue clinicien
Mais Spark propose également de nombreux outils pour aider à maîtriser les pensées négatives, retrouver le calme ou, au contraire, renouer avec l’espoir. Les jeunes peuvent ainsi noter des souvenirs agréables, des activités qu’ils attendent avec impatience ou des situations dont ils savent qu’elles leur font du bien. De cette manière, Spark devient leur boîte à outils personnelle.
"L’idée est qu’ils remplissent ces informations à l’avance", explique le psychologue clinicien Gijs Mommerency de l’UZ Gent, qui a déjà testé l’application avec des jeunes. "Toutes les informations et l’aide sont alors immédiatement disponibles sur leur téléphone, sans qu’ils aient à y penser à chaque fois, car cela devient impossible dans les moments difficiles."
L’application propose également des distractions et des techniques de relaxation, comme des exercices de respiration (cohérence cardiaque) ou de relaxation. Ou un petit jeu type Pop-It : appuyer sur des cercles lumineux aide à interrompre le flot de pensées et à se calmer.
Des chiffres préoccupants
Spark s’inscrit dans le Vlaams Actieplan Suïcidepreventie (le plan d’action flamand de prévention du suicide). "Le lancement est un moment important, car les chiffres chez les jeunes sont préoccupants", déclare Gwendolyn Portzky, directrice de l’Expertisecentrum Suïcidepreventie (le centre d’expertise sur la prévention du suicide) et professeure à l’UGent.
En Belgique le suicide est devenu la première cause de mortalité des 10/54 ans. "En Flandre, un jeune sur cinq déclare avoir eu des pensées suicidaires à plusieurs reprises, les filles constituent le groupe le plus à risque. Et il a été récemment constaté que les filles sont le seul groupe de population pour lequel les chiffres du suicide ne diminuent pas, mais augmentent."
Des résultats positifs
Le Centre d’Expertise flamand a travaillé pendant des années sur l’application, explique Gwendolyn Portzky : "Nous nous sommes basés sur la recherche scientifique et avons collaboré avec des professionnels de l’aide ainsi qu’avec des jeunes. Ils ont été notre principale source d’inspiration."
Les jeunes qui ont utilisé l’application ont clairement moins de pensées suicidaires.
Gwendolyn Portzky, Centre d'expertise flamand sur la prévention du suicide
"Spark a également été testé par des jeunes, avec des résultats positifs", poursuit Gwendolyn Portzky." Les jeunes qui ont utilisé l’application ont clairement moins de pensées suicidaires. Plus de 70 % déclarent également que Spark les aide à savoir quoi faire lorsqu’ils pensent au suicide."
Selon le psychologue Gijs Mommerency, l’application fonctionne bien parce que les jeunes gardent le contrôle eux-mêmes : "Souvent, ils cogitent de manière répétitive mais cela n’aide pas du tout. Dans l’application, ils peuvent eux-mêmes, par des étapes très concrètes, garder leurs pensées et leurs émotions sous contrôle. Cela fonctionne mieux que lorsqu’un professionnel leur dit ce qu’ils doivent faire."
Spark ne remplace pas l’aide de professionnels
L’application fournit également des informations fiables et des contacts, comme la ligne de prévention du suicide. Toutefois Spark ne remplace pas l’aide professionnelle, mais peut constituer un premier pas. L’application peut aussi être utilisée en complément d’une thérapie, précise encore Gijs Mommerency.
"Spark contient de nombreux éléments que nous utilisons également en thérapie. Les jeunes consignent beaucoup d’expériences et de pensées dans l’application. Cela leur permet de s’observer eux-mêmes et fournit du matériel exploitable lors des séances suivantes."
