L'opération de rapatriement organisée par la Belgique depuis le Moyen-Orient vise exclusivement les voyageurs enregistrés sur l'application Travellers Online, précisait mardi soir un communiqué des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Maxime Prévot et Theo Francken. Les Belges bloqués aux Emirats arabes unis et au Qatar seront les premiers à être évacués. La Défense les transportera vers un pays voisin sûr du Moyen-Orient, moyennant une somme raisonnable. De là, ils devront encore se débrouiller pour rentrer en Belgique.
Les voyageurs bloqués au Moyen-Orient seront rapatriés vers un pays sûr et devront ensuite rentrer en Belgique par leurs propres moyens
Cette opération ne concerne donc pas les ressortissants belges qui résident durablement dans la région et disposent de leur propre logement, précise encore le communiqué des ministres Prévot et Francken. Ces derniers jours, un peu plus de 2.500 Belges se sont enregistrés en tant que voyageurs bloqués sur Travellers Online. Les opérations débuteront en priorité aux Émirats arabes unis et au Qatar, où la situation "est la plus critique".
Pour les résidents qui ne sont pas visés par cette opération, "tout est mis en œuvre pour organiser leur retour dans les meilleures conditions possibles", assurent les deux ministres. "Il est toutefois important d'être transparent : non seulement la sécurité des espaces aériens est extrêmement volatile, mais compte tenu du nombre de personnes concernées et des capacités de transport disponibles, il ne sera pas possible de ramener tout le monde en même temps. Les opérations seront organisées par phases, de manière progressive", ajoutent les ministres.
Comment les vols seront-ils organisés ?
Les premiers vols pourront, en fonction des possibilités sur le terrain, être lancés "dans les prochains jours". En raison de la fermeture de l'espace aérien au-dessus des Émirats et du Qatar, les voyageurs seront d'abord transportés par voie terrestre vers un pays voisin dont l'espace aérien semble pour le moment encore ouvert et sûr.
Depuis le Qatar, des bus sont mis en place en direction de Riyad (Arabie saoudite), où l'espace aérien reste pour l'instant ouvert et où des vols commerciaux peuvent être disponibles. Les voyageurs devront ensuite contacter eux mêmes la compagnie aérienne de leur choix afin d'organiser, si possible, leur vol de retour vers la Belgique, explique le communiqué.
Pour les voyageurs se trouvant aux Émirats arabes unis, plusieurs scénarios sont en cours d'élaboration. L'une des options consiste à acheminer les voyageurs en bus vers un pays voisin à partir duquel des vols militaires pourraient être envisagés. Les voyageurs devront ensuite organiser eux mêmes la poursuite de leur voyage de retour vers la Belgique.
Pourquoi pas de vols directs vers la Belgique ?
Le choix de ne pas affréter de vol direct vers la Belgique est délibéré: un vol direct prendrait beaucoup plus de temps par rotation, ce qui réduirait considérablement le nombre de personnes pouvant être rapidement mises en sécurité, raisonnent les ministres. En acheminant les voyageurs vers un pays sûr à proximité, la Défense peut effectuer davantage de rotations et ainsi aider un maximum de compatriotes dans les meilleurs délais à se mettre à l'abri.
"L'urgence est d'abord de mettre le plus grand nombre de personnes en sécurité. Et donc de maximiser leur évacuation des pays où les bombes tombent en masse, par des temps de rotation aérienne qui soient les plus courts possible", expliquent les ministres.
La Défense met trois appareils à disposition : deux avions de transport A400M d'une capacité d'environ 100 passagers par appareil et un Airbus A330 MRTT d'environ 250 places. Notre pays collabore également avec ses partenaires européens, comme le Luxembourg, les Pays-Bas, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, afin de soutenir les opérations et d'optimiser les capacités.
Que se passera-t-il ces prochaines heures ?
Les ambassades de Belgique dans la région prendront contact avec les Belges enregistrés pour leur demander s'ils souhaitent bénéficier d'un rapatriement. Sur la base des réponses reçues, le service public fédéral Affaires étrangères poursuivra l'organisation des opérations et établira un ordre de priorité. Les voyageurs qui ne se sont pas encore enregistrés sont vivement encouragés à le faire dès maintenant via les postes diplomatiques belges ou via Travellers Online.
"Il est important de rappeler à nos ressortissants que l'option à privilégier reste, lorsque c'est possible, le recours par leurs propres moyens aux vols commerciaux dès la réouverture des espaces aériens. La Belgique ne procèdera pas à l'affrètement de vols commerciaux. Les frais liés au transport militaire seront, conformément à la législation consulaire belge, répercutés de manière raisonnable aux voyageurs. Ceux-ci en seront informés au préalable."
Plusieurs équipes consulaires d'urgence des Affaires étrangères, ainsi qu'une équipe d'officiers de liaison de la Défense, sont envoyés dans la région pour renforcer la coordination et l'accompagnement sur place. "C'est pour cela que nous avons des ambassades dans la région et un réseau consulaire. Pour être là quand cela compte. Nos équipes sur place sont en contact jour et nuit avec les Belges bloqués. Des gens loin de chez eux, inquiets, qui ne savent pas quand ils pourront rentrer. Pour eux, nous mobilisons tous les moyens à notre disposition", déclarait le ministre Maxime Prévot.
"Il s'agit d'une opération complexe, avec un accès limité à l'espace aérien et des créneaux aéroportuaires saturés. Mais pour ceux qui sont bloqués, une seule chose compte : pouvoir rentrer chez eux le plus vite et le plus sûrement possible. C'est pourquoi nous misons au maximum sur une combinaison de capacités militaires et commerciales", ajoutait le ministre Theo Francken.
Le Service public fédéral Affaires étrangères a mis en place un numéro d'urgence que les Belges concernés peuvent contacter : +32 2 501 40 00.
Les voyageurs qui ne se sont pas encore inscrits sont vivement encouragés à le faire auprès des ambassades belges compétentes ou via le site travelersonline.diplomatie.be .

