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Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (archives)

Le ministre des Affaires étrangères n'a pas l'intention de renvoyer de Belgique l'ambassadeur d'Iran

Maxime Prévot (Les Engagés), chef de la diplomatie belge, n'a pas l'intention d'expulser l'ambassadeur de l'Iran, a indiqué ce lundi son cabinet en réponse au président du MR Georges-Louis Bouchez. Ce dernier a suggéré d'expulser le diplomate dans le contexte de l'intervention américano-israélienne pour renverser le régime iranien. Maxime Prévot a quant à lui reconnu que l'attaque des États-Unis et d'Israël sur l'Iran n'était pas conforme au droit international, tout en estimant qu'elle se justifiait pour des raisons de sécurité mondiale. La commission des Relations extérieures de la Chambre se réunira mardi pour un débat d'actualité avec le ministre Prévot. Ce dernier se trouve ce lundi au Maroc, pour une visite de travail visant à approfondir la coopération bilatérale entre les deux pays.

Anne François Belga
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"Nous devons résister à la tentation des phrases toutes faites", a déclaré un porte-parole du ministre Prévot. "Expulser l'ambassadeur iranien de Belgique signifie que notre propre personnel diplomatique à Téhéran subira le même sort. Or, leur présence là-bas est plus importante que jamais pour aider et protéger nos compatriotes en Iran." "À un moment où nous devons tout mettre en œuvre pour garantir la sécurité de nos compatriotes, il serait irresponsable de prendre des mesures qui affaiblissent notre capacité à les aider", insiste le ministre Prévot.

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a appelé lundi matin sur Bel RTL à "l'expulsion immédiate" de l'ambassadeur d'Iran en Belgique et à la révocation de l'accord d'échange de prisonniers conclu entre les deux pays. Les États-Unis et Israël ont lancé samedi une opération militaire conjointe contre l'Iran, qui a notamment entraîné la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei. Téhéran a riposté par des attaques dans des pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, ainsi que sur des sites israéliens.

Attaque contre l’Iran "justifiée"

En tant que défenseure du droit international, la Belgique est forcée de reconnaître que "la manière dont l'action américano-israélienne a été menée samedi ne correspond pas à ses standards", a affirmé de son côté Maxime Prévot, qui s'exprimait sur La Première (RTBF radio). Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères a rappelé les dizaines de milliers de morts dans la répression exercée par le régime iranien. Le droit international a pour vocation première de protéger les peuples, leurs droits et libertés. "Et à cet égard, on ne peut pas dire que l'Iran soit un élève modèle", estime Prévot.

"La réalité des principes doit être confrontée au principe de réalité", poursuivait le ministre. Des efforts diplomatiques de plusieurs années ayant échoué à ce que l'Iran mette un terme à son programme balistique et nucléaire, il fallait "éviter un risque de sécurité et d'embrasement généralisé dans la région".

Interrogé sur l'existence de justifications de l'attaque américano-israélienne au nom de la sécurité internationale, Maxime Prévot a répondu: "Je le crois", ajoutant que l'intervention militaire doit rester "l'ultime recours lorsque la diplomatie échoue". Il plaide pour une désescalade, un retour au respect du droit international et à la diplomatie "dans les meilleurs délais".

Le ministre des Affaires étrangères s'est par ailleurs exprimé sur les Belges présents au Moyen-Orient. La riposte de l'Iran dans plusieurs pays abritant des bases militaires américaines suscite l'inquiétude. Environ 26.000 ressortissants belges sont présents dans cette région du monde, a indiqué Maxime Prévot, dont près de 2.450 touristes, principalement à Dubaï. Actuellement, toute évacuation aérienne est impossible car l'espace aérien est fermé en raison de la circulation de missiles et de drones, a rappelé le ministre. Il appelle ses compatriotes à la patience et à la prudence, tout en précisant que le gouvernement étudie toutes les options, y compris une intervention de la Défense belge dès que la situation le permet.

Entretemps, la commission des Relations extérieures de la Chambre se réunira mardi pour un débat d'actualité avec le ministre des Affaires étrangères, a indiqué ce lundi la présidente de cette commission, Els Van Hoof. Plusieurs partis d'opposition ont fait une demande en ce sens, après l'attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran ce week-end, et les représailles iraniennes envers des pays voisins.

Prévot en visite de travail au Maroc

Le ministre des Affaires étrangères effectue ce lundi une visite de travail au Maroc. Elle vise à approfondir la coopération bilatérale entre la Belgique et le pays d'Afrique du Nord. A Rabat, le ministre devait rencontrer son homologue marocain, Nasser Bourita. L'échange entre les deux hommes porte notamment sur la mise en œuvre concrète de la déclaration conjointe signée par les deux ministres le 23 octobre 2025 à Bruxelles.

Cet accord prévoit une coopération renforcée sur plusieurs fronts: la mise en place d'un dialogue global de sécurité, la modernisation de la coopération judiciaire et un approfondissement de la coopération migratoire. Il a également été convenu de renforcer la coopération économique dans des secteurs stratégiques tels que l'énergie, les infrastructures, la construction et la logistique portuaire. "En octobre, nous avons défini une feuille de route. L'enjeu maintenant est de veiller à la mettre en œuvre, concrètement, de manière mesurable, sur chaque terrain et selon le calendrier fixé", précisait Maxime Prévot. Les deux ministres devaient aussi discuter d'un certain nombre de dossiers internationaux, dont la situation au Moyen-Orient.

Maxime Prévot devait également se rendre à Salé pour une visite de terrain du programme belgo-marocain "Min Ajliki", qui œuvre depuis 2013 à l'autonomisation économique des femmes. Le ministre belge y rencontrera plus d'une cinquantaine de femmes entrepreneures et représentantes de coopératives, ainsi que des acteurs de la diaspora marocaine et du secteur privé.

La Belgique entretient des relations particulièrement riches avec le Maroc, sur divers plans, alors que quelque 800.000 personnes d'origine marocaine vivent en Belgique. Depuis 2024, "une dynamique clairement positive s'est installée, marquée par de nombreux contacts à haut niveau et une coopération renforcée", souligne le cabinet du ministre des Affaires étrangères.

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita

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