L'entreprise anversoise Helicus a présenté mardi sur le site de Droneport à Saint-Trond (dans le Limbourg) la deuxième génération de son Automated Drone Cargo Port (DCP), une technologie associant des vols de drones autonomes à une manutention au sol entièrement automatisée. Ce système traite ainsi le fret de manière automatique, sans intervention humaine. Il est déjà actif au port d’Anvers et à l’hôpital Jan Yperman d’Ypres (Flandre occidentale). D’ici peu, l’hôpital universitaire de Liège utilisera le même type de technologie que Droneport.
Une nouvelle technologie de transport automatisé par drones installée sur le site de Droneport à Saint-Trond
"Il s'agit finalement d'un aéroport automatisé pour drones", à Saint-Trond, a expliqué le CEO d'Helicus, Mikael Shamin. "Nous pouvons ainsi charger et décharger des marchandises de manière autonome. La batterie peut également être rechargée automatiquement et les drones sont protégés contre les intempéries".
Helicus assure que sa technologie peut être déployée dans de nombreux secteurs, notamment la santé, la défense, l'industrie et les environnements aéroportuaires. Toute cargaison peut ainsi être transportée, tant qu'elle respecte la norme internationale DORAI. Actuellement, 8 types de drones autonomes peuvent livrer et récupérer des colis de manière indépendante sur Droneport.
Un mur à colis avec des drones
"L’aéroport pour drones est comparable à un mur à colis", explique Mikael Shamim, CEO d’Helicus. "Il suffit de déposer à l’aéroport le colis à transporter. Il sera alors automatiquement attelé au drone. Après validation par un télépilote, le drone peut décoller pour la destination souhaitée, qui peut être par exemple un autre aéroport pour drones. Le drone y déchargera le colis de manière autonome et, comme avec un mur à colis, celui-ci pourra y être récupéré."
Ce système a été spécialement conçu pour les secteurs où un transport rapide et précis est essentiel. L’hôpital Jan Yperman d’Ypres l’utilise depuis deux ans (il s’agit là de la première génération du système) et l’hôpital universitaire de Liège l’adoptera prochainement.
L’aéroport pour drones mesure 4,5 mètres de haut et pèse 5,5 tonnes, soit une tonne de moins que le premier modèle. Il est surmonté d’un pont de trois mètres sur lequel il est possible d’atterrir. Des drones d'un mètre de haut et d'une envergure de trois mètres peuvent y atterrir et y être rangés. La deuxième génération du système est par ailleurs compatible avec la précédente version, précise Helicus.
La nouvelle version du système de drones est plus légère de 700 kg que la première, modulaire et spécialement conçue pour un déploiement évolutif selon les contextes opérationnels.
Dimensions universelles
L'aéroport pour drones est compatible avec différents types de drones internationaux. Les dimensions des colis transportés sont toujours identiques. "Les colis transportés par drones mesurent 37,5 centimètres de long, 25 centimètres de large et entre 14 et 45 centimètres de haut. Les dimensions des conteneurs maritimes sont également les mêmes partout, ce qui facilite et réduit considérablement le coût du commerce maritime", expliquait Mikael Shamim.
Les drones peuvent aussi transporter des tubes pneumatiques, utilisés notamment dans le secteur médical. Les plus grands drones peuvent transporter 12 kilogrammes sur une distance maximale de 500 kilomètres.
Shamim n'exclut pas la possibilité que ces aéroports pour drones puissent également servir au transport de colis personnels pour les consommateurs à l'avenir, mais il souligne que la Belgique n'est pas encore prête. "Pour beaucoup, cela relève encore de la science-fiction, même si la technologie est déjà au point."

