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Un montant record de 5 millions d'euros alloué à la recherche sur la maladie d'Alzheimer : "Nous pourrons un jour enrayer la maladie"

La Fondation Stop Alzheimer a attribué la somme record de 5,05 millions d'euros à 23 projets de recherche sur la maladie d’Alzheimer et autres troubles cognitifs. Ces projets portent notamment sur de nouvelles thérapies et l'amélioration des outils de diagnostic. Les bourses de recherche ont été remises lors d’une cérémonie à Louvain. "Grâce à ce financement, nous pourrons détecter la maladie d'Alzheimer à un stade plus précoce", explique le professeur Koen Van Laere (KU Leuven).

Anne François Belga
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En Belgique, on estime à 200.000 le nombre de personnes atteintes de démence. La maladie d’Alzheimer en est la forme la plus courante. Et le nombre de malades est en constante augmentation. Alors qu’une personne sur cinq risque de développer une démence au cours de sa vie, le risque s’accroît avec l’âge.

D’importantes recherches sont menées en Belgique sur cette maladie, actuellement incurable. Afin de soutenir ces recherches, la fondation Stop Alzheimer vient d’octroyer un montant record de 5.050.000 euros à 23 projets de recherche novateurs. Ces fonds proviennent de dons et de legs.

Qu'est-ce que la maladie d'Alzheimer ?

La maladie d'Alzheimer, ou Alzheimer tout court, doit son nom au psychiatre allemand Alois Alzheimer et représente une des nombreuses formes de démence. L'Organisation mondiale de la Santé estime qu'il y a actuellement 55 millions de personnes atteintes de démence. Environ deux tiers des cas sont liés à la maladie d'Alzheimer.

Celle-ci se caractérise par l'accumulation d'une protéine spécifique dans les cellules nerveuses du cerveau, ce qui entraîne une diminution de leur efficacité. Les symptômes sont bien connus : pertes de mémoire et troubles de la parole, de l'orientation et de la perception du temps.

Jusqu'à présent, l'état des patients se détériore progressivement, sans qu'il existe de traitement pour stopper ou guérir la maladie. Des médicaments existants permettent seulement de ralentir la progression des effets de la maladie.

Louvain, pôle d'excellence international

Une grande partie des 23 projets subsidiés sont menés à l’Université de Louvain (KU Leuven) et au VIB-KU Leuven, l’Institut flamand de biotechnologie. La fondation Stop Alzheimer désigne donc Louvain en Brabant flamand comme un pôle d'excellence international pour la recherche sur la démence.

Le professeur Koen Van Laere, de la KU Leuven, a reçu un montant de 300.000 euros. Il mène en effet des recherches avec des PET-scans à ultra-haute résolution pour visualiser les premiers changements cérébraux liés à la maladie d'Alzheimer. L'objectif : un diagnostic plus précoce et de nouvelles thérapies.

"La résolution de ces images de PET-scans est 20 fois supérieure à celle des scanners actuels", explique le professeur Van Laere. "Cela nous permet de mieux comprendre la zone du cerveau où se développe la maladie d'Alzheimer, et ainsi de la détecter à un stade précoce".

Nous pouvons mieux situer les premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer, dans le but de développer des thérapies.

Koen Van Laere, chercheur KULeuven

"Nous utiliserons le financement reçu spécifiquement pour étudier l'un de ces minuscules noyaux du tronc cérébral, importants pour la mémoire mais aussi pour des symptômes connus tels que le manque de motivation, les troubles du sommeil et la baisse de vigilance."

"Cela nous permettra de mieux cartographier les tout premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer, dans le but de développer des thérapies. Il s'agit d'une avancée spectaculaire, et nous sommes donc très reconnaissants à la Fondation Stop Alzheimer."

Stopper Alzheimer ? "Absolument !"

Joost Martens, directeur de la fondation Stop Alzheimer, souligne l'importance de la recherche de pointe. "Ce montant record témoigne d'une prise de conscience croissante, au sein de la société, de l'impact considérable de la maladie d'Alzheimer. Nous investissons aujourd'hui dans des idées qui peuvent faire la différence demain : du dépistage précoce aux nouveaux traitements capables de ralentir, voire d'arrêter la maladie."

La ministre flamande du Bien-être, Caroline Gennez, partage cet avis. "En combinant recherche fondamentale et clinique, nous faisons des progrès significatifs vers un avenir où la démence sera non seulement plus traitable, mais peut-être même évitable."

Le professeur Van Laere croit lui aussi qu'il sera possible un jour d’arrêter la maladie d'Alzheimer. "Absolument ! Nous disposons déjà de médicaments capables de ralentir la progression de la maladie. C'est un premier pas essentiel. Comprendre comment la maladie se développe et se propage dans le cerveau nous permet d'identifier les cibles thérapeutiques adéquates pour l'arrêter. Plus tôt nous détectons la maladie et la distinguons des autres formes de démence, plus grandes sont nos chances d'intervenir avant que des lésions cérébrales ne surviennent".

Processus d'évaluation international rigoureux

Selon la fondation, les 23 projets de recherche ont été sélectionnés à l'issue d'un processus d'évaluation international rigoureux mené par des experts indépendants et le Conseil scientifique consultatif de Stop Alzheimer. Chaque projet a été évalué selon sa qualité scientifique et son impact potentiel sur les patients et leurs familles.

Plusieurs projets lauréats sont portés par des universités francophones, notamment l'Université de Liège, l'UCLouvain, l'ULB et l'Université de Mons. "Derrière chaque projet, il y a des équipes qui consacrent des années de leur vie à comprendre ce qui se passe dans le cerveau, pour offrir de l'espoir aux patients et à leurs familles", précisait Joost Martens, directeur de Stop Alzheimer. "Ces recherches ne sont pas abstraites: elles auront un impact concret sur la prise en charge des troubles cognitifs dans les années à venir".

Vous trouverez ici un aperçu de tous les projets sélectionnés.

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