Le bourgmestre de Gand, Mathias De Clercq, se rend à Istanbul ce mercredi avec une délégations de maires européens pour dénoncer l’affaire Ekrem İmamoğlu. Cet opposant au régime du président Erdogan avait été accusé de corruption et de terrorisme peu de temps avant de présenter sa candidature aux élections présidentielles. "Il est détenu depuis un an sans procès équitable ni preuves concrètes, mais en Europe, c’est le silence total", déplore Matthias De Clercq.
Le bourgmestre de Gand Mathias De Clercq à la tête d’une délégation de maires européens à Istanbul pour soutenir Ekrem İmamoğlu
La délégation, qui sera présente jusqu'à vendredi en Turquie, est emmenée par le bourgmestre gantois Mathias De Clercq, président d'Eurocities. Il sera accompagné d'élus locaux venus de Paris, Oslo, Zagreb et Arezzo, dans le cadre de l'initiative "Mayors for Democracy" (Les maires pour la démocratie).
Ces élus appellent également l'Union européenne à prendre position clairement contre ce qu'ils décrivent comme l'érosion des pratiques démocratiques en Turquie.
Ils participeront jeudi à une action de protestation à Istanbul. Une rencontre est notamment prévue avec l'épouse d'Ekrem İmamoğlu et Nuri Aslan, le maire faisant fonction de la métropole. Ils espèrent également pouvoir rendre visite à l'élu en prison. Mais n'ont pas reçu de réponse à leur demande.
Lorsque la démocratie locale est affaiblie, les fondements démocratiques de l’ensemble de la société européenne sont en danger
Mathias De Clercq, bourgmestre de Gand
L’homme est l’une des figures de l’opposition les plus populaires du pays, mais il a été arrêté en mars de l’année dernière, accusé de corruption et de liens avec le terrorisme. Selon ses partisans, il s’agirait surtout d’une manœuvre politique : le président Erdoğan aurait voulu réduire au silence un rival gênant.
"Il est très important de dénoncer ce qui s’est passé là-bas", a déclaré Mathias De Clercq dans De Ochtend sur Radio 1. "İmamoğlu a été emprisonné de manière totalement illégale, sans procès équitable ni preuves concrètes."
"Et il n’est pas le seul : des dizaines d’autres maires, journalistes, avocats et magistrats sont également concernés. Les juges critiques sont mutés vers d’autres régions de Turquie, tandis que les juges proches du pouvoir sont récompensés par des fonctions plus élevées."
"La Turquie est en train de basculer vers un régime autoritaire, et nous, en tant que maires européens, voulons prendre position. Lorsque la démocratie locale est affaiblie, les fondements démocratiques de l’ensemble de la société européenne sont en danger."
"Nous devons dénoncer cela et attirer l’attention sur le problème. Pourtant, en Europe, tout reste dans le silence, et c’est pareil du côté de la communauté internationale."

