Quatre ans après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, des personnes continuent de fuir le pays en direction de l'Union Européenne (UE) : 521 d'entre elles ont encore obtenu la protection temporaire en Belgique en 2026, selon les données de l'Office des étrangers (OE). Le pays a accordé la protection temporaire à plus de 101.500 personnes depuis le début du conflit. 41 732 Ukrainiens déplacés temporairement résident encore en Flandre parmi eux, près de 10.000 ont signé un contrat d’intégration en Flandre.
Quatre ans après le début de l'invasion de l'Ukraine, plus de 100.000 Ukrainiens ont reçu une protection temporaire en Belgique
L'UE avait activé pour la toute première fois de son histoire le statut de "protection temporaire" début mars 2022, pour répondre à un afflux massif de personnes déplacées par l'offensive russe en Ukraine. Prolongé ensuite à plusieurs reprises, désormais jusqu'en mars 2027, ce dispositif permet une protection quasi-immédiate, avec accès à l'éducation, aux droits sociaux, au marché du travail, hors de la procédure d'asile classique.
Dès les premières semaines, les demandes ont afflué, à tel point que le centre d'accueil national installé par le fédéral dans les anciens murs de l'Institut Jules Bordet, à Bruxelles, a dû être déménagé au Heysel après seulement quelques jours. Après des pics de 1.500 à 2.000 enregistrements par jour en mars 2022, principalement des personnes âgées et des femmes avec enfants, le nombre quotidien est redescendu dès avril autour des 500. L'Office des étrangers a finalement accordé 63.356 protections temporaires en 2022, puis 15.626 en 2023, 13.277 en 2024 et 8.756 en 2025. En janvier dernier, le compteur s'est arrêté à 521, portant le total à 101.536 au 31 janvier 2026.
On est finalement loin des 200.000 réfugiés que la Belgique estimait être potentiellement amenée à accueillir au début de la guerre.
La Belgique dans la moyenne européenne pour l’accueil des Ukrainiens
D'après les chiffres 2025 publiés par l'Office des étrangers, 52% des personnes qui ont reçu la protection temporaire l'an dernier étaient des femmes ou des filles, 48% des hommes ou des garçons. 41% étaient des 18-34 ans, 22% des mineurs. Depuis le début de la protection temporaire, environ 1.700 jeunes enregistrés ont été signalés comme étant des mineurs non accompagnés, si l'on additionne les statistiques mensuelles rapportées par l'Office des étrangers.
Combien sont-ils à encore vivre aujourd'hui en Belgique? L'Office des étrangers ne peut qu'estimer. Sur les 101.015 bénéficiaires, 70.636 sont inscrits au registre national. Enfin, 22.594 bénéficiaires ont été radiés, parce qu'ils ont quitté la Belgique ou sont décédés.
Selon les derniers chiffres publiés par Eurostat, le bureau européen des statistiques, environ 4.3 millions d'Ukrainiens bénéficiaient, fin 2025, du statut de protection temporaire au sein de l'Union européenne.
Les trois pays européens qui accueillent le plus de réfugiés sont l'Allemagne, la Pologne et la République tchèque. Proportionnellement à sa population, la Belgique se situe dans la moyenne des États membres, avec un ratio entre 5 et moins de 10 déplacés ukrainiens pour 1.000 habitants. Une proportion similaire à celle des Pays-Bas ou du Danemark.
L'accueil s'inscrit davantage dans la durée que dans l'urgence
Cet afflux massif a nécessité la création rapide et à grande échelle de lieux d'accueil dans les trois Régions du pays. Après avoir sollicité la solidarité des particuliers, les autorités régionales ont progressivement mis en place des solutions de logement collectif.
En Flandre, les centres d'accueil d'urgence pour réfugiés ukrainiens d'Anvers et de Malines ont fermé ces derniers mois tandis que celui de Gand restera ouvert jusqu'au printemps 2027.
Le gouvernement bruxellois a également prolongé jusqu'en mars 2027 la dispense de permis pour les infrastructures d'accueil des réfugiés ukrainiens. Le décret porte sur la modification temporaire de l'usage et de la destination d'un bâtiment.
Les régions n'étant pas toujours en mesure d'assurer immédiatement l'accueil dès l'arrivée des réfugiés, deux centres d'urgence temporaires ont été mis en place dans l'attente d'une attribution vers des places régionales : le Centre Croix-Rouge Flandre Ariane (actuellement 130 places) et le Centre Marie Curie à Bruxelles (25 places). Ce dispositif transitoire est le signe que, quatre ans après le début du conflit, l'accueil en Belgique s'inscrit désormais davantage dans la durée que dans l'urgence.
Près de 10.000 Ukrainiens ont signé un contrat d’intégration en Flandre
Quatre ans après l’invasion russe en Ukraine, 41.732 personnes déplacées temporairement résident encore en Flandre. Parmi ce groupe, 9.439 personnes ont signé un contrat d’intégration, plus de 6.500 ont commencé un cours d’orientation sociale et 6 000 ont obtenu un certificat d’intégration.
"Alors que ce n’est pas obligatoire", déclare la ministre Hilde Crevits (CD&V). Une personne sur quatre, ce n’est pas excessif. "C’est parce qu’il s’agit essentiellement des personnes qui ont choisi de le faire après janvier 2024. Avant cette date, il existait une procédure distincte qui leur permettait de suivre un parcours accéléré sans signer le contrat", explique la ministre dans De Ochtend.
Bien que le flux important de 2022 (5.000 arrivées par mois) ait diminué, en 2025, en moyenne, 725 personnes supplémentaires arrivent chaque mois. L’hébergement évolue entre-temps des familles d’accueil temporaires vers le marché locatif classique : on estime désormais que 90 % des Ukrainiens en Flandre vivent dans leur propre logement locatif.
"Personne n’était totalement préparé à ce que le conflit dure aussi longtemps", déclare la ministre Hilde Crevits (CD&V). "Le fait que tant de personnes choisissent elles-mêmes d’apprendre le néerlandais et de franchir des étapes vers l’emploi mérite du respect."
Depuis le début de l’accueil, un total de 56.998 inscriptions ont été enregistrées pour des cours de néerlandais langue seconde. Le gouvernement flamand a décidé de prolonger le soutien à l’accueil et à l’intégration — y compris le village d’urgence à Gand — jusqu’en mars 2027.

