Des chercheurs de l’école supérieure Vives en Flandre occidentale vont mener une enquête sur le sentiment d’insécurité éprouvé par les coureurs à pied dans les grandes villes. Ils vont demander aux habitants concernés s’ils se sont fait interpeler, siffler, claxonner ou agresser pendant leurs courses. Une enquête internationale du même type a montré que ce sont surtout les femmes qui vivent ce type de situation.
Un sondage de l'école supérieure Vives mesure le sentiment d'insécurité des coureurs dans les villes flamandes
“Depuis la pandémie du coronavirus, la course à pied a gagné en popularité, mais il y a toujours des risques quand on court”, explique la chercheuse Helene Cappelle de l'école supérieure Vives. “Nous voulons savoir en quelle mesure il peut être question d’intimidation dans les rues flamandes. Pour la Flandre occidentale, cela concerne les villes de Bruges, Courtrai, Ostende et Roulers.”
“Quand on parle d’intimidation dans la rue, ce sont les signaux verbaux et non verbaux qui sont pris en compte. On pense à une interpellation verbale, un coup de klaxon, mais aussi à une agression ou à un viol.”
Quatre femmes sur cinq se sentent intimidées
“Des données existaient déjà sur le nombre d’intimidations de marcheurs en Flandre, mais pas sur la course à pied. Les chiffres sur les coureurs sont souvent différents, parce qu’ils sortent de l’ordinaire dans la rue. Ils bougent plus vite, s’habillent différemment et sont moins conscients de leur environnement parce qu’ils portent souvent des écouteurs.”
“Cette étude, menée entre autres aux États-Unis et en Grande-Bretagne, a permis de montrer que 4 femmes sur 5 se sentent intimidées dans la rue. Ce chiffre est très élevé. Nous souhaitons interroger les femmes et les hommes de Flandre pour savoir si ce nombre est aussi élevé chez nous.”
Adapter son comportement
Ce ne sont pas seulement les menaces qui seront étudiées, mais aussi les comportements adoptés par les coureurs lorsqu’ils se sentent en insécurité. “Les recherches internationales montrent que les femmes et les hommes qui se sentent inquiets adaptent plus rapidement leur comportement. Ils préviennent leur entourage qu’ils vont courir, ils tiennent leur clé ou un spray au poivre dans la main pour se défendre, et ils partagent leur localisation sur des applications.”
Cappelle ne veut pas seulement enregistrer l'ampleur de ce problème. Elle souhaite aussi trouver des solutions. “Dans cette étude, nous nous intéressons aux pistes d'amélioration des villes que les coureurs aimeraient mettre en place. Souvent, l’une des piste est un meilleur éclairage dans la rue. La formation des témoins peut également être utile : elle vous apprend comment réagir de manière appropriée si vous êtes témoin d’un incident. Nous sommes très curieux d’entendre les idées innovantes et créatives des riverains.”
Inciter à l’action
Les chercheurs souhaitent soumettre ces pistes d’amélioration aux grandes villes flamandes. “Nous voulons inciter les dirigeants politiques à agir. Ils pourront utiliser les résultats de nos recherches pour changer les choses. Nous écrivons un rapport personnalisé en fonction du lieu de résidence des personnes qui répondent à ce sondage”, conclut la chercheuse.
Pour les personnes intéressées : si vous êtes majeur(e) et que vous avez déjà couru au moins une fois dans une grande ville flamande, vous pouvez répondre au sondage en néerlandais ou en anglais, via ce lien .
