Un nombre croissant d’enfants dorment dans les rues de Bruxelles et cette situation ne fait qu'empirer. C’est ce qu'affirment l’institution publique Délégué général aux droits de l'enfant (DGDE) et son homologue flamand Kinderrechtencommissariaat (KRC). Elles évaluent que plus de 1.000 enfants dorment régulièrement dans la rue et que les centres d’accueil doivent refuser de plus en plus souvent des familles avec enfants. “Les choix politiques ont eu des répercussions directes sur les enfants”, réagit le KRC.
De plus en plus d'enfants dorment dans la rue à Bruxelles
Selon les derniers chiffres de 2024, presque 10.000 personnes dorment dans la rue à Bruxelles, dont 1.678 sont des mineurs. Une enquête réalisée dans les organismes d’accueil pour les sans-abris montre que la situation n’a fait qu’empirer durant les derniers mois.
Samusocial, une organisation bruxelloise d’aide humanitaire pour les personnes sans domicile fixe, doit quotidiennement refuser des familles avec des enfants dans ses centres et confirme qu’il y a bien de nombreux enfants qui dorment dans la rue chaque nuit. Depuis le 6 octobre, 127 personnes en moyenne par semaine sont refusées dans des centres d’accueil, et ce sont principalement des familles ou des mères célibataires, selon le KRC.
L’institution flamande souligne que cette situation de plus en plus criante est la conséquence directe des choix politiques. Elle ajoute : “Cette situation est le résultat d’une politique de migration, des violences domestiques et conjugales, de saisies immobilières et d’un besoin cruel de logements supplémentaires.”
Les centres d’accueil hivernaux doivent-ils rester ouverts ?
L’une des décisions politiques prévoit de fermer les centres d’accueil le 31 mars, ce qui fera disparaître d'un coup 285 places pour les familles. Selon le Commissariat flamand aux droits de l'enfant, les centres devront refuser encore plus de familles, ce qui augmentera le nombre d’enfants qui dorment dans la rue.
Les institutions interpellent surtout les autorités fédérales et locales pour s’atteler à ce problème. Elles demandent simplement de laisser les centres d’accueil ouverts tant que les familles en ont besoin et que les centres ont la capacité de les accueillir.
Il faut également investir dans les logements de transition, dans les équipes mobiles de soutien et dans les aides spécialisées pour les enfants. L’objectif est d’apporter un soutien sur le long terme. “Le slogan “Pas d'enfant à la rue” n’est pas une option. C’est l’exigence minimale pour la protection et la dignité”, conclut le KRC.
