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José van Dam

Le chanteur d'opéra bruxellois de réputation internationale, José van Dam, est décédé à 85 ans

Le chanteur lyrique belge au rayonnement international, fait baron en 1998, est décédé paisiblement mardi à l’âge de 85 ans, entouré de ses proches, annonce ce jeudi la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, où il a enseigné le chant pendant de longues années. Sa brillante carrière et sa belle voix généreuse de baryton-basse l’ont mené pendant 50 ans sur les plus grandes scènes d’Europe ainsi qu’au Metropolitan Opera de New York. Il restait néanmoins attaché à Bruxelles, sa ville natale, où se trouvait une de ses scènes préférées : le Théâtre royal de la Monnaie. Ces dernières années, José van Dam faisait notamment partie du jury du Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique de chant.

Anne François Belga
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"La Belgique perd son plus grand ambassadeur de l'art lyrique, le monde perd une légende qui a, par son génie, marqué l'histoire de l'opéra des 20e et 21e siècles. Mais pour nous, à la Chapelle Musicale, nous perdons avant tout un mentor, une figure paternelle et une source inépuisable d'intégrité artistique", a réagi l'institution ce jeudi. Le baryton-basse bruxellois était lié à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth depuis 2004, date à laquelle il était devenu Maître en résidence de la section de chant. Il avait passé le relais en 2023, mais restait Maître Emérite.

Joseph Van Damme, mieux connu sous le nom d’artiste José van Dam, était né le 25 août 1940 à Ixelles. Son père était ébéniste, sa mère tenait un salon de coiffure. Enfant, il avait chanté dans une chorale amateure, appris le piano, avant de rencontrer Frédéric Anspach qui devint son professeur et lui conseilla notamment "de se taire pendant deux ans" au moment de la mue de sa voix. Le jeune chanteur étudia au Conservatoire royal de Bruxelles, dont il ressortit avec un Premier prix en poche.

Il remporta les concours de Liège et de Toulouse, avant d’être engagé comme chanteur professionnel dans la troupe de l'Opéra de Paris, en 1961. Âgé d'une vingtaine d'années, il y fit ses débuts dans "Les Troyens" de Berlioz. Après quelques années au Palais Garnier, José van Dam passait à l'Opéra de Genève, puis intégrait celui de Berlin, où il se fit réellement un nom. Il y rencontrait Herbert von Karajan, célèbre chef d'orchestre qui devient avec le temps un de ses amis. Dans les années 1970, sa carrière décollait définitivement, avec des prestations à la Scala de Milan, au Covent Garden de Londres ou encore à l'Opéra de Vienne.

Au cours des décennies suivantes, le chanteur belge enregistrait des dizaines de disques, se produisait au Metropolitan Opera de New York ou encore au Festival de Bayreuth. Certains de ses rôles marqueront sa carrière. Celui de Leporello, dans Don Giovanni de Mozart, sera longtemps son rôle fétiche. Il a tenu le rôle principal dans la création de l'opéra Saint François d'Assise d'Olivier Messiaen, en 1983. A Liège, en 1997, il marchait dans les pas de Jacques Brel en reprenant son Don Quichotte, dans L'Homme de la Mancha.

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Van Dam au cinéma

Le chanteur se faisait également acteur, dans les films musicaux "Don Giovanni" de Joseph Losey (1979) et "Le Maître de musique" du Belge Gérard Corbiau (1988). "Le Maître de musique" sera d'ailleurs le deuxième film belge à être nommé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, en 1989. José Van Dam y incarnait le professeur d'une jeune soprano lancée dans un concours organisé par le grand rival du "maître". Ce rôle faisait écho au véritable goût de l'artiste pour l'enseignement et l'accompagnement des jeunes.

José Van Dam devient d'ailleurs, dès 2004, maître en résidence à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth à Waterloo. Il y transmettait sa règle d'or: bien prononcer, marquer les consonnes du texte. En 2004, le Conservatoire royal d'Anvers lui avait décerné le titre de Maestro Honoris Causa.

Joseph Van Damme était fait baron par le roi Albert II en 1998, et Chevalier de la Légion d'honneur en France. Proche de la reine Fabiola, il avait chanté en 1993 à la demande de la souveraine pour les funérailles du roi Baudouin (vidéo). Lors des funérailles de Fabiola, en 2014, van Dam était aussi présent en tant qu’interprète.

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José van Dam avait chanté aux funérailles du roi Baudouin, en 1993

Récitals et enseignement

Le chanteur bruxellois mettait un terme à sa carrière à l'opéra en 2010 à l'aube de ses 70 ans, dont 50 passés sur les planches. Van Dam continuait cependant à donner des récitals et poursuivait son activité d'enseignement. Il restait aussi fidèle au Concours Reine Elisabeth, où il figurait régulièrement dans le jury des éditions de chant.

L'attachement du public belge pour ce chanteur authentique ne s'est jamais estompé. L'artiste était resté accessible et simple, mais aussi très discret sur sa vie privée. "Je suis toujours d'un naturel assez timide... sauf en scène", avouait-il en mai 2023 au micro de la RTBF (Musiq3, "La Conversation"). Entretemps, il avait osé s'aventurer du côté du tango ou encore de la chanson française.

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"Sa voix et sa présence en scène étaient sa force" : Kurt Van Eeghem rend hommage à José van Dam

"José van Dam était présent partout où la musique exigeait de l'authenticité", lui rendait hommage ce jeudi la Chapelle musicale. "Sa carrière reflétait une alliance rare entre la perfection vocale et une fidélité intellectuelle absolue à la partition. Il ne chantait jamais pour les applaudissements, mais toujours pour la vérité du personnage." "En tant qu'initiateur et Maître résident de la section chant, il a fait plus qu'enseigner : il a transmis le flambeau. Pour des générations de jeunes talents, il a été le guide qui leur a appris que la technique n'est qu'un instrument au service du texte, tant musical que littéraire. Il était un Maître au sens le plus noble du terme : exigeant et généreux, toujours en quête de cette excellence qui est au cœur de la mission de l'institution." Même après sa retraite, il est resté "la boussole morale en tant que Maître émérite".

"Sa voix, son humour subtil et ce regard serein qu'il portait sur la génération montante nous manqueront cruellement. Mais dans chaque note qui résonnera à la Chapelle Musicale, l'écho de son magistère continuera de vibrer. Merci, Maestro".

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