Le port d’Ostende ambitionne de devenir une plaque tournante pour la distribution de voitures en Europe. Le géant allemand de la logistique Mosolf Group a conclu un contrat temporaire avec le port afin d’y entreposer quelque 4.000 véhicules, alors que la capacité totale peut atteindre 10.000 unités. Ces voitures seront ensuite redistribuées depuis Ostende vers d’autres destinations européennes. Le port se prête particulièrement bien à cette activité, grâce à sa position stratégique à l’intersection des trafics maritime, ferroviaire et routier.
Le port d’Ostende devient une plaque tournante européenne pour la distribution des voitures : Mosolf va y stationner 4.000 véhicules
À l’été 2023, le port d’Ostende avait déjà conclu un contrat temporaire avec Toyota. Celui-ci est arrivé à échéance à la fin de l’année dernière et n’a pas été renouvelé. Le constructeur japonais y entreposait en moyenne plus de 2.000 véhicules. Ces activités ont attiré l’attention du groupe allemand Mosolf Group, géant de la logistique automobile, qui recherchait un hub pour ses opérations de "short sea", c’est-à-dire des liaisons maritimes ne traversant pas les océans mais assurant des chargements et déchargements en Europe et en Méditerranée.
Ostende s’est révélée particulièrement adaptée, en raison de la convergence entre transport maritime, ferroviaire et routier. "L’autoroute débouche directement sur le terminal portuaire", explique Jan Allaert directeur commercial du port d'Ostende. "Les voitures peuvent également être facilement chargées sur des trains, puis distribuées à travers l’Europe." L’an dernier, des voies ferrées ont d’ailleurs été remises en service afin de permettre le transport de trains automobiles.
Des accès courts et rapides
"Enfin, les navires peuvent accoster et repartir très facilement à Ostende. Les chenaux d’accès sont très courts. Ce n’est pas comme à Anvers, où il faut d’abord remonter tout l’Escaut." Le port d’Ostende est depuis plusieurs années en quête de nouvelles activités.
"Le trafic des ferries entre Ostende et l’Angleterre a cessé il y a quinze ans, mais l’infrastructure est toujours là. Là où les terminaux étaient autrefois remplis de camions, nous stockerons désormais des voitures."
Le contrat conclu avec Mosolf est pour l’instant d’une durée d’un an. "Mais l’intention de l’entreprise est de rester plus longtemps", précise Allaert. "Mosolf souhaite d’abord voir comment les choses évoluent, mais je m’attends à ce que nous puissions conclure, avant l’été, un contrat de quatre à cinq ans."
Jusqu’à 60 emplois supplémentaires
Des possibilités d’extension existent également. "Le contrat actuel porte sur environ 8 hectares, soit quelque 4.000 voitures. Mais 8 à 9 hectares supplémentaires sont disponibles, ce qui permettrait d’atteindre une capacité totale d’environ 10.000 véhicules."
À court terme, les activités de Mosolf devraient générer jusqu’à 30 emplois supplémentaires. "Chaque véhicule doit faire l’objet d’une inspection avant livraison. En outre, des dockers supplémentaires sont nécessaires pour charger et décharger les navires et les trains. Et si le terminal s’agrandit, jusqu’à 60 emplois pourraient être créés", conclut Allaert.
