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Le nombre de producteurs de vin en Flandre occidentale a plus que doublé en cinq ans, et la superficie de vignes plantées a triplé.

Croissance record de la viticulture en Flandre occidentale, mais impact écologique préoccupant

La culture de la vigne a fortement progressé en Flandre occidentale ces dernières années. Selon les chiffres obtenus par le député flamand Jasper Pillen (Anders) auprès du ministre de l’Agriculture, Jo Brouns (CD&V), c’est dans cette province que le plus grand nombre de nouveaux viticulteurs s’est installé. La superficie dédiée aux vignes a également fortement augmenté. Mais ce succès a un revers pour l’environnement : les viticulteurs utilisent des pesticides de manière intensive.

Eric Steffens
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La première plantation de vignes en Flandre occidentale a eu lieu à Heuvelland, en 1996. Aujourd’hui, près de 30 ans plus tard, on recense déjà 63 producteurs de vin dans la province, contre 27 en 2020.

L’an dernier, ces 63 exploitations couvraient ensemble 155 hectares de vignes, soit trois fois plus qu’en 2020. Les vignes se trouvent à Heuvelland ainsi que sur les coteaux de Zonnebeke et de Tielt.

Davantage de de vin flamand grâce au réchauffement climatique

"Si l’on compare avec 1996, le climat a énormément changé", explique le sommelier José Lemahieu, d’Ypres, pour justifier le succès de la production de vin en Flandre. « Prenons l’exemple du cépage riesling : en 1996, il ne pouvait pas mûrir sur le Monteberg à Heuvelland. Aujourd’hui, il y parvient parfaitement."

"Pour cultiver la vigne, il faut une température moyenne annuelle supérieure à 10 °C et inférieure à 20 °C. Il y a quelques années, la température moyenne annuelle en Flandre dépassait à peine les 10 °C. En décembre, selon les dernières données de l’IRM, elle était déjà de 12 °C : c’est une augmentation remarquable."

José Lemahieu voit une autre raison au succès de la viticulture en Flandre occidentale : "Par le passé, les investisseurs flamands se tournaient vers la région de Bordeaux pour acquérir des vignobles. Aujourd’hui, des entrepreneurs et des familles fortunées investissent chez nous. Cela permet une augmentation des surfaces cultivées et une véritable professionnalisation : la mécanisation et l’automatisation se développent de plus en plus."

Un fort impact environnemental dû à l’usage intensif de pesticides

Mais ce succès a aussi son revers. Comme dans la culture de la pomme de terre, la vigne nécessite un usage intensif de pesticides pour prévenir les maladies fongiques. Lors de leur dégradation, ces produits donnent naissance à des triazoles, des composés chimiques très résistants. Leurs effets sur la santé humaine ne sont pas encore entièrement connus, mais à forte dose et lors d’expositions prolongées, ils peuvent perturber le système hormonal ou même présenter un risque cancérigène.

Ces triazoles se retrouvent dans les ruisseaux voisins via les eaux de pluie. Or, les ruisseaux du sud de la région du Westhoek servent de captage pour les centres de production d’eau potable d’Ypres et de Dixmude. Il est quasiment impossible de filtrer ces triazoles du réseau d’eau potable. Si leur concentration dans les eaux de surface devient trop élevée, il n’est plus possible de produire de l’eau de qualité.

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