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Coup dur pour le secteur cinématographique belge : le distributeur Belga Films et le White Cinema déclarés en faillite

Belga Films, l'un des principaux distributeurs de films en Belgique, a fait aveu de faillite. Environ 19 emplois à temps plein seront supprimés. Par conséquent, le cinéma bruxellois White, que Belga Films exploitait depuis 2017 dans le centre commercial Docks Bruxsel, ferme également ses portes. Il emploie environ 14 personnes. L’annonce a provoqué une onde de choc dans le secteur. "C'est un coup dur pour notre secteur cinématographique", explique Lieven Van Gils, journaliste cinéma à VRT NWS.

Anne François Belga
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La faillite a été prononcée le 12 février dernier par le tribunal de l'entreprise du Brabant wallon, qui siège à Nivelles. Belga Films, l'un des plus grands distributeurs de cinéma de Belgique, est en effet basé à Braine-l'Alleud. Dix-neuf équivalents temps-plein sont concernés. L'administrateur délégué de Belga-Films, Patrick Vandenbosch, a confirmé l'information au quotidien Le Soir.

L'entreprise était en outre la maison-mère de White Cinema Brussels, dont le site internet affiche "Cinéma fermé temporairement. Plus d'informations à venir." depuis quelques jours. Le complexe bruxellois compte huit salles et 950 sièges et employait 14 personnes. Il ne rouvrira pas ses portes.

D’après le patron de Belga Films, la faillite du White Cinema est notamment due à une baisse substantielle de la fréquentation cinéma dans la Région bruxelloise (-30% depuis 2019 et -40% depuis 10 ans), ce qui en fait "probablement la pire région d'Europe" en la matière, mais aussi au plan de mobilité bruxellois Good Move. "Le centre commercial Dockx a souffert des nombreux travaux de réaménagement des voies et des accès qui ont eu lieu ces dernières années dans son quartier", précise Patrick Vandenbosch.

Outre le complexe cinématographique, Belga Films est également la maison-mère de Belga Studios, de la société néerlandaise de distribution de films Independent Films et du studio d'animation nWave Pictures.

Un acteur important dans le secteur

L'annonce de la faillite a provoqué une onde de choc dans le milieu du cinéma belge. "Cela montre bien à quel point le secteur est en difficulté", constate Thierry Laeremans, secrétaire général de la Fédération des cinémas de Belgique (FCB), si même le plus ancien acteur, avec un portefeuille impressionnant comme "The Hunger Games", ne parvient pas à survivre.

Lieven Van Gils, journaliste cinéma pour VRT NWS, qualifie la double faillite de "coup dur pour notre secteur cinématographique. C'est toujours triste de voir disparaître un pan de notre histoire", déclarait-il. "Mais c'est particulièrement symptomatique de la crise mondiale que traverse l'industrie cinématographique. Celle-ci peine à se remettre des conséquences du Covid-19, des grèves aux États-Unis et de la concurrence des plateformes de streaming."

Belga Films a en effet été fondée en 1937. L'entreprise fait partie des quelque trente distributeurs de films indépendants que compte le pays. Ils achètent les droits de films du monde entier, puis négocient avec les cinémas belges pour déterminer où et quand ces films seront projetés. Si on y ajoute le marketing entourant ces films, les coûts deviennent élevés, sans garantie de succès au box-office.

Selon des experts, Belga Films était en outre principalement active dans le segment qui a le plus souffert de la baisse de fréquentation des cinémas depuis la pandémie de coronavirus. Bon nombre de ses films ont rapidement été diffusés sur des plateformes de streaming. Le chiffre d'affaires de la société brainoise est passé de 30 millions d'euros en 2023 à environ 20 millions en 2024, d'après les derniers comptes annuels disponibles. Les coûts ont été nettement plus élevés, ce qui a entraîné une perte d'exploitation de 3,57 millions d'euros. Durant ce même exercice 2024, White Cinema a enregistré une perte de 700.000 euros, tandis que la société de production Belga Studios a affiché un déficit de 500.000 euros. Les chiffres pour 2025 ne sont pas encore disponibles.

Pour Alain De Greef, de l'Association belge des distributeurs de films, cette faillite n'aura pas pour conséquence que certains longs métrages ne seront plus diffusés dans les cinémas belges. "La distribution sera probablement assurée par la filiale néerlandaise Independent. Ou par l'un des trente autres distributeurs de films belges." C'est par exemple le cas du film "Marty Supreme", qui sort ce mercredi dans les salles et qui était distribué par Belga Films.

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