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30 ans après la disparition de Kim et Ken : une analyse ADN établit un lien avec le meurtre de Tania Van Kerkhoven

Plus de trente ans après les faits, une avancée significative est intervenue dans l’enquête sur le meurtre des enfants Kim et Ken Heyrman à Anvers. L’information est rapportée par la Gazet van Antwerpen et confirmée par le parquet. Le journal met en avant une connexion établie par une nouvelle analyse des traces ADN relevées dans les deux dossiers.

Eric Steffens Belga
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La disparition de Kim et Ken Heyrman constitue l’un des cold cases les plus connus de Belgique. La sœur et le frère, âgés respectivement de 11 et 8 ans, ont disparu le 4 janvier 1994 après avoir quitté leur domicile à Borgerhout (Anvers) pour aller jouer chez des amis. Un mois plus tard, le 11 février, le corps de Kim a été retrouvé dans le bassin de l’Asiadok. L’enquête avait permis d'établir qu'elle avait été victime de violences sexuelles. Le corps de son petit frère n’a jamais été retrouvé et a été déclaré mort en 2014 par le tribunal civil d'Anvers.

Originaire d'Edegem (au sud d'Anvers), Tania Van Kerkhoven avait 17 ans à l'été 1993 quand elle a disparu après avoir quitté une fête. Le lendemain, son corps sans vie avait été découvert au petit matin dans un sous-bois de Berchem.

Le même profil génétique d'un homme dans les deux affaires

Une nouvelle enquête ADN a mis en évidence un même profil génétique, celui d'un homme, dans les deux affaires. L'individu qui se cache derrière ces traces ADN n'a pas encore pu être identifié.

Il pourrait s'agir de l'ADN du tueur mais le parquet reste prudent. "L'enquête se concentre sur l'identification de cet homme. Elle s'attachera ensuite à déterminer son rôle précis dans chacun des quatre dossiers", a conclu un porte-parole du ministère public anversois.

Le parquet insiste que le dossier de Kim et Ken n'a "jamais été abandonné". "L'instruction s'est poursuivie", affirme-t-il. "Le dossier est réexaminé périodiquement à la lumière des avancées scientifiques, notamment en matière d'analyses ADN, par le conseiller médico-légal de l'INCC et par les enquêteurs de la police judiciaire fédérale (PJF) d'Anvers. Au cours de ces recherches, un profil ADN unique a pu être établi."

Bientôt un centre d'expertise pour les "cold cases" ?

La révélation du lien établi entre les assassinats de Tania Van Kerckhoven et de Kim Heyrman et la disparition de Ken Heyrman coïncide avec l’annonce de la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, qui souhaite créer un centre national d'expertise chargé de réexaminer les crimes graves non résolus. Les nouvelles technologies offrent en effet de nouvelles perspectives pour résoudre ces "cold cases", soulignait-elle ce lundi. Un projet pilote est sur le point d'être lancé.

D’après la ministre, la Belgique est confrontée à un défi de taille dans le traitement des cold cases, en l'absence d'une définition et d'une méthode de travail standardisées. De ce fait, des dossiers d'assassinats, de meurtres, de crimes sexuels, notamment, ne bénéficient pas toujours d'une attention permanente.

Des technologies modernes telles que les analyses ADN poussées et les nouvelles techniques d'investigation criminelle, ainsi qu'une approche spécialisée, permettent désormais aux victimes et à leurs familles d'espérer obtenir justice. "Nous leur devons de ne négliger aucune piste et de tout mettre en œuvre pour résoudre ces affaires", indique Annelies Verlinden.

L'Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) coordonne le projet et collabore à cet effet avec les parquets, les services de police et les universités. "Avec ce nouveau projet pilote, nous voulons mettre fin à l'approche fragmentée" qui prévaut encore, explique Karolien Van Dijck, qui dirigera le projet en tant que conseillère médico-légale à l'INCC. Selon elle, cette collaboration augmente considérablement les chances de succès et la rapidité des enquêtes.

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