Au terme de discussions entamées mardi et poursuivies sans relâche même de nuit pour tenter de trouver un accord budgétaire et politique pour la Région Capitale, le MR, le PS, Les Engagés, Groen, Anders, Vooruit et le CD&V se sont mis d'accord jeudi soir pour former un gouvernement bruxellois. C’est ce qu’a annoncé le porte-parole du formateur Georges-Louis Bouchez (MR, photo) devant la Fondation universitaire où les négociateurs étaient réunis en conclave. Un grand point au programme de la nouvelle coalition à 7 partis (3 francophones et 4 flamands) : retrouver l’équilibre du budget bruxellois d’ici 2029, ce qui représente une économie de plus d’un milliard d’euros d’ici là.
Quelque 613 jours après les élections de juin 2024, Bruxelles a enfin un gouvernement régional
Le président des libéraux francophones Georges-Louis Bouchez a illustré cet accord sur le réseau social X avec une image de fumée blanche. "Accord pour Bruxelles ! Un projet équilibré, responsable mais aussi ambitieux pour notre Région-Capitale", a aussi confirmé le président du parti socialiste bruxellois Ahmed Laaouej. Un accord qui va "redynamiser cette ville", a déclaré le président des Engagés Yvan Verougstraete au micro de RTL-TVi.
Cet accord est intervenu 613 jours après les élections fédérales et régionales du 9 juin 2024, après une longue période de blocage et de détérioration des finances de la Région bruxelloise.
Les 7 partis ont abouti à l'issue d'un conclave organisé en vase clos, depuis mardi. Les négociations avaient redémarré en prenant appui sur des données budgétaires actualisées, et sur un accord-cadre conclu en juillet 2024 entre le MR, Les Engagés et le PS, avant des mois de tentatives de coalitions infructueuses, la plupart du temps mises à l'échec en raison de vétos multiples.
Accord des différents partis
Le MR et Les Engagés tenaient leur congrès de participation dès jeudi soir, à 20h30. Les militants des Engagés ont approuvé pratiquement à l’unanimité la participation de leur parti à la coalition bruxelloise, tout comme l’avaient fait peu avant les membres du MR, à l’unanimité. Le PS bruxellois sondera ses militants ce vendredi à 18h.
Du côté des partis flamands, les libéraux de Anders (ancien Open VLD) et les démocrates-chrétiens du CD&V ont également approuvé à l’unanimité la participation de leur parti respectif au gouvernement bruxellois.
Les prestations de serment des nouveaux ministres auront lieu samedi, a indiqué Georges-Louis Bouchez, qui n'a pas encore dévoilé le nom du futur ou de la future ministre-président(e) de la Région Capitale.
Quelques mesures déjà connues
L'accord de gouvernement complet sera dévoilé ce vendredi matin, a précisé le président du parti libéral francophone et formateur Georges-Louis Bouchez. Mais les négociateurs ont déjà annoncé plusieurs mesures, dont un retour à l'équilibre budgétaire en 2029, ce qui représente un milliard d'économies d'ici à la fin de la législature. Selon Ahmed Laaouej, ces économies sont réparties équitablement entre recettes et dépenses.
Le futur gouvernement bruxellois entend mettre en œuvre un "tax shift", le doublement de la prime Be Home, soit 160 euros en plus pour réduire le précompte immobilier des propriétaires habitants. Le plafond de la réduction des droits d'enregistrement pour la résidence principale et unique sera relevé à 800.000 euros.
Il y aura une évaluation en profondeur du plan Good Move qui laissera la place à un autre plan de circulation à mettre en œuvre à partir de 2030. On travaillera désormais sur des mailles de circulation plus petites à l'échelle des quartiers en tenant mieux compte de la présence des écoles.
La zone de basses émissions (LEZ) sera maintenue. Par contre les amendes en cas d'infraction seront revues à la baisse et plafonnées sur une base annuelle à 350 euros (au lieu de 1.400 actuellement) pour limiter les pénalités financières pour ceux qui ne sont pas en mesure d'acquérir un nouveau véhicule. On ne touchera pas au tarif préférentiel Stib d'1 euro par mois pour les jeunes et les seniors, ni aux montants des allocations familiales.
La réforme des services publics visera le renforcement de leur efficacité et de leur coût financier. Pour y arriver, il n'y aura pas de licenciement budgétaire, mais plutôt un moratoire sur les engagements en cas de départs naturels.
Le financement du logement est consolidé. Plus de 1.000 logements publics devraient être créés. Un système de conventionnement volontaire de loyers accordera des avantages aux propriétaires qui optent pour celui-ci.
Le suivi et l'accompagnement des demandeurs d'emploi sera renforcé.
Dans le domaine de la sécurité, le nouveau gouvernement bruxellois s'attellera également à la nomination d'un commissaire bruxellois chargé de la lutte contre la drogue. Celui-ci fera le lien entre la commissaire fédérale chargée de la lutte contre la drogue, Ine Van Wymersch, et le niveau bruxellois. Il devra également assurer la coordination entre les différentes autorités régionales et locales.
Rayon investissements, le projet Neo sur le plateau du Heysel va connaître une nouvelle phase de développement. Le projet de métro 3 dans son extension vers le nord sera suspendu pour dix ans. Les travaux en cours pour achever le chaînon manquant de la partie prémétro existante entre Annessens et la gare du Midi seront achevés, en ce compris l'épineux passage sous le Palais du Midi. Par contre, il n'y a, semble-t-il pas encore de décision sur le moment et le mode de mise en exploitation de ce tronçon (tram ou métro). L'objectif est de ne fermer aucune porte au stade actuel pour le futur.
Le projet de ligne de tram reliant Tour et Taxis à la gare du Nord sera réalisé.
Le musée Kanal va recevoir des moyens lui permettant d'assurer son ouverture et de faire face à ses dépenses immédiates, mais il devra présenter pour la suite un plan de financement renouvelé de ses activités en rythme de croisière.

