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Nombre record d'étudiants athlètes dans les universités : "La clef, c'est de s'adapter"

En Flandre et à Bruxelles, plus d’un millier d’étudiants combinent leurs études universitaires avec un sport de haut niveau. D'après les chiffres obtenus par VRT NWS, c’est un record. Gand compte 500 de ces étudiants, Louvain 320, Anvers 166 et Bruxelles 132 (à la VUB). Le statut d'étudiant effectuant en parallèle un sport de haut niveau permet une certaine flexibilité, pendant l’année académique et lors des évaluations.

Anna Delaunoit Ward Schouppe
Publié:

499 étudiants possèdent un statut de sportif de haut niveau à l’Université de Gand (UGent). Elle détient donc le record par rapport aux autres universités flamandes. La KU Leuven suit de près avec 320 sportifs de haut niveau, et ce chiffre augmente de façon constante ces dernières années. A l’Université d’Anvers, on compte 166 de ces étudiants, soit le double d'il y a dix ans. L'Université Libre néerlandophone de Bruxelles (VUB) en compte 132, l'Université de Hasselt 65.

Une partie de ces sportifs est également reconnue par l’administration pour le sport en Flandre Sport Vlaanderen. Il s'agit d'une élite qui bénéficie d'un contrat sportif et ne peut passer que maximum 40 crédits par année académique, pour pouvoir concilier études et sport de haut niveau. À Gand, cela concerne 18 étudiants sur 499. En revanche, les universités doivent accorder aux autres étudiants concernés un statut spécifique en tant qu'athlète talentueux.   

Les étudiants athlètes de haut niveau doivent suivre le même parcours que les autres étudiants, mais d’une façon spécifique ou à un rythme différent.

Matthieu Lenoir, UGent

“Cela concerne les étudiants qui participent à des compétitions nationales ou internationales, ou qui font partie d’un classement mondial. Nous essayons de les soutenir pendant l’année et dans les périodes d’examens. Ces athlètes de haut niveau doivent suivre le même parcours que les autres étudiants, mais d’une façon spécifique ou à un rythme différent”, explique le professeur de l’UGent, Matthieu Lenoir.

La perchiste Merel Maes s’exprime à ce sujet : “J’étudie la bio-ingénierie à l’UGent. Plusieurs choses ont été mises en place pour m’aider, comme les cours enregistrés. Il faut pouvoir combiner les entraînements et les examens avec les stages et les compétitions, et il faut que tout n’arrive pas en même temps bien sûr. Je pense que c’est surtout possible en Flandre.”

Lenoir ajoute : “ Nous demandons aux professeurs et au personnel enseignant de s’adapter un peu. Les périodes d’examens tombent souvent en même temps que les compétitions. Ce n’est pas possible de changer d’horaire pour le sport. Nous faisons tout pour nous adapter, et nous prenons en compte les heures des entraînements.”

L'étude nous fait penser à autre chose que le sport. C’est super de pouvoir combiner les deux.

Katrijn De Clercq, cycliste et étudiante à l’UGent

“Étudier est une façon de se sortir le sport de la tête. Une journée est faite de 24 heures, c’est super de pouvoir penser à autre chose.”, raconte la cycliste Katrijn De Clercq. Elle participera bientôt à une compétition en Espagne. “Je vais faire huit ans d’études. C’est plus que les autres, mais je suis contente de pouvoir obtenir un diplôme grâce à toutes ces mesures.”

Katrijn De Clercq roule sur la piste, elle étudie la bio-ingénierie à l’Université de Gand

Maes et De Clercq ont un contrat de sportives de haut niveau. Mais la majorité des étudiants (481) sportifs de l'UGent ont un statut spécifique et sont des étudiants athlètes. Cela concerne notamment les sports collectifs dans les catégories supérieures (basketball, football, volleyball, ...) ou ceux qui s’entraînent pour des sports non olympiques ou moins connus.

“Gand, c’est la capitale des sports de haut niveau”  

“Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation. Ce statut est aujourd’hui mieux reconnu. C’est aussi parce qu’il y a une formation pour les entraînements et un meilleur programme pour trouver de nouveaux talents. Le niveau général est aujourd’hui plus haut”, ajoute également Hans Vanootghem de UGent.

Gand propose dans tous les cas des logements dans la région pour attirer les sportifs. C’est le cas pour les rameurs, qui sont 19 à s’entraîner et à étudier à l’UGent. Pour Aaron Andries, “vivre, s'entraîner et étudier dans la même ville, ça fonctionne”. Il se trouve actuellement en Italie avec l’équipe nationale d’aviron, les Belgian Sharks, et étudie l’ingénierie industrielle.

“À Gand, il y a de nombreux accès pour s’entraîner à l'aviron, avec notamment le bassin Watersportbaan. C’est ce qui donne envie. Nous sommes une équipe sérieuse, c'est une chance. De plus, je peux raisonnablement suivre les cours, l’université n’est pas loin. C'est sympa parce que, grâce à ça, je peux quand même apprendre à connaître les autres étudiants.”

Aaron Andries et son co-équipier Tristan Vandenbussche au Championnat du monde en Chine.

Il n’y a pas que les espaces pour l’aviron qui attirent les athlètes, le complexe du Sport Vlaanderen et la piste d’athlétisme font aussi de Gand la ville du sport. “C’est un peu la capitale des sportifs de haut niveau. Nous ne voulons pas en faire une compétition. Ces dispositifs sportifs sont une bonne chose pour la Flandre, même pour les autres universités”, conclut le professeur Lenoir.

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